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Islam et Environnement
بسم الله
الرّحمان الرّحيم
Reconsidérer l’environnement selon la
dimension islamique
« N’ont-ils donc jamais parcouru la
terre afin d’avoir des coeurs pour comprendre ou des oreilles pour
entendre ? Car ce qui devient réellement aveugle ce ne sont pas les
yeux mais ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines. »
Le Pèlerinage, V. 46, traduction du Dr. Salah
ed-Dine Kechrid
Les questions liées à l’environnement sont
devenues aujourd’hui une préoccupation majeure aux vues notamment
des nombreux dérèglements observés et observables à l’œil nu.
Force est alors de constater que la nature n’est plus simplement un
réservoir dans lequel l’homme peut puiser indéfiniment. La
perspective que nous optons de prendre est celle qui met en regard
l’Islam à l’environnement qui est conçu comme un chapelet de
signes sur lesquels nous pouvons méditer. Dieu, dans sa Grande
Miséricorde, a d’ailleurs crée le monde de façon ordonnée et
équilibrée « En vérité, dans la création des cieux et
de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a
certes des signes pour les doués d’intelligence, » (La famille
d’Imrane, S3 V190). D’après l’Islam, l’être humain
peut tirer profit des richesses de cet univers à la condition sine
qua none que cela se fasse en toute mesure et intelligence. Mais
quelle est la position de la religion musulmane quant à la notion
d’environnement ?
Le sujet est très vaste et nous choisissons de nous
borner dans ce bref exposé à redéfinir le concept d’environnement
puis à relever l’opposition nature-civilisation générant la
situation de crise actuelle puis à relever des exemples concrets
mais forts de l’ampleur du désastre. Enfin, nous tenons à
proposer quelques petites astuces efficaces pour être à la hauteur
de la responsabilité imposée par Dieu.
Pour bien cerner un concept il est bien venu de le
redéfinir ; qu’entendons-nous donc par environnement ? Jamais un
terme est aussi mal compris que lorsqu’il est utilisé presque
mécaniquement et quel que soit le champ d’application. Selon les
travaux du Docteur Mohammad Assayed Jamil, l’environnement se
définit comme l’espace dans lequel évolue l’homme et où
interagissent trois dimensions : l’écologie (l’homme est une
espèce parmi d’autres), la socio-économie (l’organisation de la
vie via ses traditions, ses lois…) et la culture (les systèmes de
valeurs). Ces trois axes forment donc le concept en question et
interfèrent les uns avec les autres. En outre, l’autre idée
essentielle veut que la notion-clé d’environnement implique
fondamentalement deux systèmes : le mode naturel (le sol, les eaux,
la faune, la flore et l’interaction entre les différents éléments)
et le mode civilisationnel (l’habitat, les rues, la technologie
créée par l’homme). C’est dans ce rapport de force que les
inquiétudes environnementales prennent forme.
Il est à noter que l’Islam ne dénigre en aucun
cas les progrès techniques qu’a connu l’humanité ; bien au
contraire, l’une des places les plus convoitées est manifestement
celle des savants. L’Islam enjoint chaque fidèle à se diriger
vers plus de science ainsi qu’à profiter pleinement des ressources
de la terre qui sont placées au service de l’homme « Ne
voyez-vous pas que Dieu a soumis à votre service ce qui est dans les
cieux et en terre et vous a comblés de Ses bienfaits apparents et
non apparents ? » (Lokman, S31 V20). Le progrès et les
révolutions technologiques sont encouragés et parfaitement admis si
cela se fait dans le cadre d’une utilisation fonctionnelle,
responsable et consciente des conséquences sur l’environnement. La
modération de rigueur envisagée par l’Islam contraste avec
l’actuelle dépravation de la nature : l’homme outrepasse les
limites et dérègle l’équilibre et l’ordre de la création.
L’environnement civilisationnel met à mal
l’environnement naturel et, dans ce conflit, certains méfaits sont
irrémédiables. Pour éveiller les consciences et démontrer
l’urgence de la situation, il est utile de mettre en évidence
certaines catastrophes. L’Islam nous sensibilise à l’équilibre
de l’univers conçu comme un signe pour les gens doués de raison
mais comment ne pas s’alarmer face à l’exploitation outrancière
des ressources naturelles ! Nous savons pertinemment que les forêts
sont les poumons de la Terre. Le charbon qui nous sert à nous
réchauffer en est issu tout comme certaines huiles, médicaments et
autres papiers. Les forêts préservent intactes la proportion des
gaz accumulés dans l’atmosphère et participent à la formation
des pluies. Or ce que nous savons moins bien c’est que l’homme
rase ces forêts de la carte terrestre par but lucratif comme il est
question en Colombie. De même, certaines espèces s’abritant dans
ces mêmes forêts sont irrémédiablement décimées par l’homme.
Continuons. Nous savons que l’eau, premier élément existant sur
la terre et citée à plusieurs reprises dans le Coran, nous fournit
en sel alimentaire ainsi qu’en sels minéraux ou encore en perles «
C’est Lui qui soumet la mer afin que vous en mangiez une viande
fraîche et que vous en sortiez une parure que vous portez […]»
(Les Abeilles, S16 V14). Or ce que nous savons moins bien
c’est que ces mêmes mers sublimées par le Livre Sacré se
transforment progressivement en dépotoir au gré des diverses
pollutions et autres marées noires. « La corruption est
apparue sur terre et dans la mer pour ce que les gens ont acquis de
leurs propres mains afin qu’Il leur fasse goûter une partie de ce
qu’ils ont fait, peut-être reviendront-ils. » (Les Romains, S30
V41)
Si sensibiliser les esprits par les drames actuels
qui se déroulent sous nos yeux est une forme de lutte évidente
contre une léthargie terrifiante, l’autre aspect de cette lutte
est de reconsidérer nos mauvaises habitudes quotidiennes. Dieu a
fait de l’homme le lieutenant de la terre et cette responsabilité
exige une vraie implication. Quelques réflexes simples peuvent nous
aider à protéger la nature et tenir compte des injonctions divines.
-
LES DÉCHETS : ne
pas jeter les détritus par terre même lorsque nous les considérons
comme minimes (mégots, capuchons de bouteille, bout de papier,
chewing gum…)
-
L’EAU : éviter
autant que possible le gaspillage même voire surtout lors des
ablutions selon le hadith de Prophète (PSL) « le Prophète (PSL)
passa un jour près de Sa’d qui faisait ses ablutions, « Que
signifie ce gaspillage, Sa’d ? » lui dit-il. « Peut-il y avoir
du gaspillage dans les ablutions ? – Oui, répondit le Prophète,
même si tu te trouves au bord d’un cours d’eau. » (rapporté
par Ibn Mâja).
-
RESPECTER LA FAUNE ET LA FLORE : ne pas
faire souffrir les animaux et faire preuve de bonté envers eux
ainsi que planter autant que faire se peut des arbres car « Si la
fin du monde venait à survenir alors que l’un d’entre vous
tenait dans sa main une plante, alors s’il peut la planter avant
la fin du monde, qu’il le fasse ! » (Rapporté par Ahmad).
Nous souhaiterions conclure en rappelant que le
souci écologique est un devoir du Musulman puisque le respect de
l’environnement fait entièrement parti du devoir religieux. Le
défi à relever est de trouver en nous assez de sagesse pour
parvenir à un équilibre entre nos désirs et nos devoirs.
Le Prophète (PSL) a dit « Chaque musulman qui
plante une plante [arbre ou autre], alors tout ce qui en sera mangé
sera compté pour ce musulman comme acte de charité. Tout ce qui en
sera volé sera compté pour lui comme acte de charité. Tout ce
qu’un animal en mangera sera compté comme acte de charité. Tout
ce qu’un animal en mangera sera compté comme acte de charité. »
(Rapporté par Muslim).
Et si nous apprenions à avoir la main verte !
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