Le cardinal André XXIII demande à François Fillon de ne pas stigmatiser les musulmans. Le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André XXIII, a répété jeudi devant François Fillon qu'une loi sur le voile intégral devait veiller à ne pas "stigmatiser" les musulmans, s'agissant d'une pratique très marginale.
André XXIII a demandé que des "précautions soient prises pour qu'il soit clair qu'il ne s'agit pas d'une agression contre la fidélité à l'islam". La Conférence des évêques souhaite "que les musulmans résidant en France ne soient pas stigmatisés par un projet de loi qui vise une portion très réduite statistiquement des musulmans", a-t-il insisté. "Nous avions dit que nous n'étions pas favorables à une loi mais puisqu'elle est décidée, nous souhaitons qu'elle soit la mieux possible", a-t-il poursuivi.
Il a aussi souhaité que le gouvernement fasse œuvre de "pédagogie" sur cette question "pour que la loi passe dans les mentalités". Le gouvernement a indiqué qu'il souhaitait avant la mise en application du texte, qui sera débattu à partir de juillet à l'Assemblée, "une phase" de pédagogie, afin d'essayer de faire en sorte que les femmes concernées "renoncent d'elles-mêmes à porter le voile intégral". ( Zaman France )
Un belge commente les lois Franco-belge
Une interdiction totale de vêtements couvrant le visage. Le Niqab ou burqa : instrument de cohésion pour pays sans projet politique ou au bord de l’implosion. La Belgique qui pourrait cesser d’exister sous sa forme actuelle a trouvé un motif de consensu : le vote sur le niqab a permis de se donner, quelques heures durant, un peu de répit par rapport à une question, somme toute secondaire, qui est la cohabitation entre les flamands et les wallons.
Au sud, mais quand même au nord de chez nous, la France, sous la houlette de son fébrile président, se lance sur le même sujet.
La bataille des chiffres fait rage. 200 pour les uns (chercheurs de l’Observatoire du Religieux), 2.000 pour les autres (Renseignements Généraux), la phobie entretenue par une large partie de la classe politique et relayée abondamment par la presse fait dire à 70% des Français qu’ils sont contre (le niqab) et pour (l’interdiction).
Du coup, la loi qui par définition doit être impersonnelle, impartiale et s’appliquer à tous, est détournée ici pour s’adresser à un groupuscule donné.
Nous ne défendons pas le port du niqab, nous défendons le droit à chacun de vivre dans un groupe sans être stigmatisé ni mis à l’index. Parce que les dérapages récents qu’a connus la France avec les tires sur une mosquée ne sont que la conséquence de ce discours nauséabond qui pointe le comportement d’une minorité pour en tirer la « règle » du comportement de tous les arabes et/ou musulmans.
Cette politique de terre brûlée pour gagner, coûte que coûte, quelques voix d’extrême droite pourrait dégénérer et engendrer des situations bien moins faciles à gérer en poussant insidieusement à l’exclusion.
Si Paris vaut bien une messe, la victoire ne peut se faire sur le dos de l’injustice.
La France et la Belgique sont les premiers pays à faire voter un texte de loi qui interdira totalement le voile intégral. Le débat agite d’autres pays européens mais les stratégies divergent.
Saâd A. Tazi Article du 06/05/2010 / 14:43:53
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