Une peinture murale qui dérange la mairie. En arrivant sur la commune de Salon par la route de Sénas, on aperçoit sur le chemin de la Lauze, en contrebas de l'avenue Jean-Moulin, un immense graff sur un mur de clôture d'une maison individuelle, d'une longueur de 20mètres. Plusieurs riverains et Salonais croient y voir sur une partie la représentation d'une mosquée accompagnée entre autres d'une reproduction contemporaine de Nostradamus. Il n'en est rien.

Tout commence l'an dernier lorsque Roger Ricoux, infirmier et Salonais depuis une vingtaine d'années, décide de bâtir un enclos de jardin accompagné d'un mur de clôture. "Cela fait dix ans que j'habite ici et avec la circulation de plus en plus dense, cela devenait invivable. On ne pouvait même plus rester à l'extérieur pour discuter. On ne s'entendait plus. Ce mur a été une bénédiction malgré le prix que cela m'a coûté", explique le propriétaire des lieux.
Un vendredi soir du mois de mai 2009, les travaux sont enfin terminés. Dans la nuit de samedi à dimanche, le mur est tagué. "J'ai tenté de le nettoyer. En plus, pour le crépi blanc-rosé, j'avais choisi une peinture anti-tag mais ça n'a servi à rien. Un mur de 20mètres de long sur 4mètres de haut, c'était presque une provocation pour les tagueurs!"
Au lieu de pester contre les auteurs des faits, il décide d'aller voir des jeunes qu'il connaît (il a habité des années à la résidence des Pins aux Canourgues) et dont il connaît leur sens artistique. "Ils m'ont dit qu'il existait une certaine déontologie entre graffeurs ou tagueurs. S'ils créaient un dessin sur le mur, personne d'autre ne viendrait le salir une fois le travail fini."
Il se met alors à leur raconter sa vie et le travail de création fait le reste. Roger Ricoux a passé vingt ans à Philippeville en Algérie, son père étant médecin militaire. Il est ensuite rentré en France et plus précisément à Marseille pour ses études où il a vécu vingt autres années. Depuis 1980, il habite Salon. En septembre 2009, les jeunes terminent leur travail.
Le résultat est très coloréet attire l'oeil: sur un fond de ciel bleu pétant, on retrouve la mairie de Philippeville où se trouvait une place. C'est sur cette dernière que Roger Ricoux faisait du patin à roulettes quand il était enfant. Puis Notre-Dame de la Garde et enfin Nostradamus. Certes très voyant, ce graff (n'appelez pas ça une fresque devant Roger Ricoux!) n'avait d'utilité, aux dires du propriétaire, que d'éviter un mur entièrement tagué et très peu esthétique.
Mais la mairie ne l'entend pas de cette oreille. D'après les services municipaux, il était notifié dans le permis de construire qui lui a été délivré en octobre 2007 pour un abri de jardin et un mur que ce dernier devait être de couleur blanc-rosé. Or, depuis septembre dernier, c'est loin d'être le cas. Après échange téléphonique et courrier, la mairie a dressé un procès-verbal à son encontre afin qu'il remette en état ce mur qui fait décidément beaucoup parler de lui. Outre le choix des couleurs et la dimension des dessins, on peut se demander si les illustrations avaient été tout autre, la polémique aurait-elle été si vive?
laprovence.com Article du 16/05/2010 / 13:22:22
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