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Mythes et mensonges sur l'islamdefrance.fr
Mythes et mensonges

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Salat Janaza

 

 


Les explications de Mazarine Pingeot au sujet de son article sur les propos d' Alain Finkielkraut.

Pour mieux comprendre cet article, lisez d'abord celui-ci : Alain Finkielkraut commet une Zemmourienne

 " Les commentaires nombreux et divers sont intéressants à deux titres, je ne peux répondre à tous, aussi tentè-je une sorte de réponse groupée, qui s'adresse moins à ceux qui ont parfaitement compris ce que je voulais dire - ils se reconnaîtront - , qu'à ceux qui n'ont visiblement pas voulu le comprendre car il me semblait clair.

Deux grandes lignes se dégagent, qui sont franchement intéressantes, l'une plus alarmante que l'autre :

D'une part, on voudrait me faire dire que je porte aux nues « les jeunes des banlieues » qui ne respectent ni les lois, ni l'idée même de République : il me semblait pourtant avoir écrit exactement le contraire et fustigé l'amalgame entre ces jeunes dont certains se revendiquent d'un Islam qu'en général ils ne connaissent pas, et dont d'autres n'ont rien ni de musulman ni d'arabe, ni de noir, et les musulmans en général. Cet amalgame n'est pas une erreur de perspective, ni une forme d'ignorance, mais la première arme d'une idéologie très claire et raciste, pardonnez-moi d'utiliser ce gros mot qui apparemment est tellement politiquement correct. Je pensais enfoncer des portes ouvertes en rappelant seulement que la plupart des Français musulmans étaient très bien intégrés, quoique, ils soient en but précisément à ce racisme quotidien, les problèmes ne venant donc pas de leur refus ou de leur rejet de la vie française, mais du rejet des autres. Aussi sont-ils doublement victimes, non seulement des Français de souche méfiants (dont certains s'expriment ici), mais aussi de ces « jeunes de banlieues » (l'expression est affreuse, mais enfin elle est consacrée et on l'emploiera pour plus de facilité) auxquels ont les assimile. Je répète donc que les professeurs qui ont en général affaire à eux sont eux-mêmes issus de cette même immigration, sauf qu'ils ont en poche le CAPES ou l'agrégation, signe assez probant d'intégration me semble-t-il. Quant aux jeunes de cette même immigration, je peux vous assurer, chers contradicteurs, qu'il en est beaucoup plus qui réussissent très bien, qui font de bonnes études, qui décrochent leur bac après avoir travaillé d'arrache pied (je les ai dans mes classes) et qu'ils aiment leur pays ; je peux en revanche vous assurer aussi qu'ils ont beaucoup moins de chance que certains de leur camarades parce que chez eux on n'a pas de place pour faire ses devoirs, qu'on ne parle pas toujours le français, qu'on n'a pas accès à internet, qu'on doit s'occuper des frères et sœurs, etc., mais cela n'est pas une question de religion, mais de niveau de vie. Pour ces jeunes là, il est odieux d'entendre le discours d'un Alain Finkielkraut par exemple : ils sont en effet doublement méritants parce qu'ils doivent affronter cet obstacle premier qu'est l'accueil pour le moins hostile de tout une caste de la société française.

Ceci dit, je rejette avec autant de fermeté et de dégoût que certains des internautes les propos anti-français et surtout anti-républicains d'une petite minorité de cette jeunesse ghettoïsé. Haïr toute forme d'intégrisme qu'il soit musulman, catholique ou juif me semble une évidence sur laquelle il n'est pas besoin de revenir. En revanche, je suis stupéfaite par la violence à l'encontre des « musulmans » en général, ce qui m'amène au deuxième point :

-       le politiquement correct. Voilà une question passionnante. Qu'est-ce qui est politiquement correct, et surtout quelles sont ces lois silencieuses et sous-jacentes pourtant reconnues par tous auxquelles la parole est soumise ? Le politiquement correct est une nouvelle prison, une nouvelle forme de censure fondée sur l'hypocrisie et la soumission aux modes de l'époque - aux modes mais pas à la pensée : ce politiquement correct est le résultat d'un refoulement raffiné, à moitié conscient, d'une pensée qui ne doit pas se dire. Cela devrait faire l'objet d'une étude approfondie, pour l'heure, j'ai été intriguée de m'entendre reprocher à plusieurs reprises de faire du « politiquement correct » en parlant de « racisme ». Dénoncer le racisme serait donc « politiquement correct », et surtout ne pourrait être que cela. Autrement dit, toute défense d'un humanisme sur lequel repose aussi cette même République dont on craint qu'elle se fasse attaquer par ces jeunes Musulmans, serait politiquement correcte. Il y a là une contradiction surprenante : on ne peut d'un côté fustiger ces « Musulmans », ces « arabes » ou ces « noirs » parce qu'ils mettent en danger la République (et en les fustigeant, on insiste en général sur leur origine ethnique, pardon pour ce constat politiquement correct), et à la fois défendre une République qui cautionnerait l'exclusion d'une partie de sa population sous prétexte qu'elle est soit musulmane, soit arabe, soit noire.

En réalité, si l'on n'introduit pas un minimum de nuance dans ce type de discours, on ne peut échapper à cette contradiction. La contradiction vient de ce dont j'ai parlé dans une note précédente, à savoir cet essentialisme qui empêche de mener une réflexion cohérente si l'on se dit républicain.

S'insurger contre ceux qui mettent en danger nos lois et nos idéaux, c'est ce que font par exemple tous les profs à longueur de journée. Pour autant, ils ne mettent pas sur le compte d'une arabité ou d'une africanité cette rancœur contre la France : de la colonisation, oui, certainement, et c'est à cet endroit précis qu'ont leur nécessité les cours d'histoire (ceux-là même qu'on voudrait supprimer).

Je vois donc mal en quoi dissocier le problème de l'intégration des jeunes des cités, et le problème d'intégration des Maghrébins et Africains en général est « politiquement correct ». Et s'il faut assumer des propos presque ouvertement (jamais totalement on le notera chez Finkielkraut sauf quand il fait des interviewes à l'étranger) racistes pour être un rebelle et sortir du politiquement correct, si se révolter contre ce type de discours qui a pignon sur rue est politiquement correct, c'est que la rébellion a changé de camp : le politiquement correct est censé nier les faits, je n'ai pas l'impression que dire qu'un arabe musulman ne peut pas s'intégrer parce que sa culture est incompatible est un « fait ».

En réalité je fais plutôt l'expérience du contraire chaque jour. On en revient encore et toujours aux « faits », mais en appeler « aux faits » pour contrecarrer un discours est presque toujours l'habillage d'un autre discours.

Pour finir, un mot sur le Rap et Finkielkraut : que le rap soit une musique ou pas, là n'est pas le débat, (pour ma part je ne pense pas que ce soit de la musique, mais en revanche c'est pour certains rappeurs le vrai retour aux mots, Abd al Malik, Oxmo Puccino sont de grands paroliers, et ce n'est pas un hasard si leur maître est Jacques Brel), mais qu'il soit une musique de révolte et de jeunesse, comme il en a existé à chaque génération, voilà qui le resitue : en outre tous les rappeurs ne sont absolument pas « anti-français », ni bling-bling (ce ne serait pas les seuls à qui on pourrait le reprocher), certains rappeurs sont peut-être les seuls à montrer qu'il existe pour ces jeunes des cités une autre issue et une possibilité d'intégration. "

Par Mazarine Pingeot sur son blog

Article du 27/05/2010 / 11:07:12


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