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Retour sur le débat Marine Le Pen et Eric Besson Fallait-il les projeter ensemble au milieu d’une même arène? Fallait-il inviter sur le même plateau Eric Besson et Marine Le
Pen qu’Arlette Chabot a convié à débattre ce
soir dans l’émission A Vous de juger? Cette affiche
explosive, insolite et racoleuse, a mis le feu aux poudres à
France 2 où les syndicats de journalistes exigent la
déprogrammation de ce plateau, au motif qu’il ne peut
qu’exacerber les passions et envenimer le débat,
très piégé, sur l’identité nationale.
Il
est vrai que ce plateau ainsi constitué est pour le moins
réducteur: à ma gauche, l’artificier en chef,
boute-feux de Nicolas Sarkozy et porte drapeau d’un débat
aux relents souvent nauséeux, j’ai nommé Eric
Besson. Et à ma droite, la très rugueuse
représentante d’un parti qui a fait de l’exclusion
son bréviaire, j’ai cité Marine Le Pen. Joli
cocktail.
Et l’on doit de se
poser la question : qu’est-ce qui peut sortir de constructif
d’une telle confrontation qui relève plus du spectacle que
de l’information, du Barnum que du journalisme, si ce n’est
l’assurance d’une soirée où chacun ira de ses
surenchères? Combien d’immigrés raccompagnés
à la frontière? 1000 à ma gauche, 2000 à ma
droite! Qui dit mieux? De la Burka, en veux-tu, en voilà! Aux
portes des écoles, dans les transports en commun ou les lieux
publics? A chacun son programme. Cela promet.
Qu’attendre
ainsi d’une telle confrontation ou chacun est interchangeable, un
face à face qui ne peut que conduire le premier à nous
dérouler une rhétorique montée sur chenilles et la
seconde à labourer joyeusement les terres de
l’extrême droite la plus détestable? Cette affiche
est d’autant plus contestable que s‘il est un débat
qui mérite de l’intelligence, de l’explication, de
l’éclairage et de la modération, c’est bien
celui sur l’identité nationale, une problématique
qu’Eric Besson a déjà réussit à
réduire à sa plus simple expression, en l’enfermant
sur la seule question de l’Islam en France.
Il
faut d’ailleurs simplement écouter les Français
pour s’apercevoir qu’ils n’adhèrent pas, dans
leur grande majorité, à la physionomie d’un
débat tronqué. Selon un sondage CSA, paru dans Le
Parisien, une majorité d’entre eux, (50 %) affirme ne pas
être satisfait de la manière dont se déroule ce
débat sur l'identité nationale. Et selon cette même
enquête d'opinion, seules 25 % des personnes interrogées
se disent au contraire satisfaites de son déroulement, 25 % ne
se prononçant pas.
Même
chose au sein des partis politiques, à gauche, comme à
droite : Tourner la page, et vite! Dans la majorité, beaucoup
sont pressés d’en finir avec ce dossier mal
emmanché. Tandis que plusieurs membres du gouvernement ne
cachent pas leur colère, l’UMP se prépare à
passer à autre chose. Aussi, raviver les feux de la sorte, en
propulsant deux coqs de basse-cour au devant de la scène en
espérant enflammer l’audimat n’est pas
forcément l’initiative la plus opportune.
Article du 15/01/2010 / 20:41:40
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