Anouar
Kbibech, président du RMF (Rassemblement des musulmans de
France), a invité mercredi, dans un communiqué, les
représentants des Grandes Mosquées de Paris et Lyon
à reprendre leur place au conseil exécutif du CFCM
(Conseil français du culte musulman).
Ceux-ci
ont annoncé mardi qu'ils "gelaient leur participation" au CFCM
"en raison de l'ingérence étrangère" dans cette
instance cultuelle.
Le RMF, majoritaire au CFCM,
"s'étonne" de cette décision et se dit "stupéfait"
de l'argument invoqué, déclarant qu'il "a toujours
oeuvré dans un esprit de rassemblement pour que l'ensemble des
sensibilités de l'islam de France soient
représentées dans les instances du CFCM".
Le
RMF "tient à rappeler que toutes les orientations et les
décisions au sein du CFCM sont toujours prises dans un esprit de
consensus et en toute indépendance" et s'engage à
continuer "à faire avancer l'ensemble des dossiers concrets
relatifs au culte musulman dans notre pays".
Il
"invite les deux institutions à retrouver les voies de la
sagesse et de la raison et à reprendre pleinement leur place au
sein du CFCM pour continuer à oeuvrer, au côté des
autres composantes, au service des musulmans de France".
En
annonçant leur retrait, les représentants des Grandes
Mosquées disaient s'inquiéter de "l'ingérence
étrangère dont est l'objet le CFCM", réagissant
implicitement à un colloque organisé le week-end dernier
à Fès (Maroc) auquel était invité le
représentant du ministère de l'Intérieur,
chargé des Cultes.
Les observateurs
soulignent que ce geste traduit la mauvaise humeur de la composante
algérienne du CFCM depuis la victoire du RMF, majoritairement
marocain, aux dernières élections au CFCM et
l'élection du président Mohammed Moussaoui, du RMF. Il a
succédé à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande
Mosquée de Paris, qui présidait le CFCM depuis sa
création en 2003.
Le Communiqué ICI