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Le Monde arabe dans le viseur des militaires français. En démocratie, la doctrine stratégique d'une armée s'est, toujours, conformée à l'idéologie politique qui la gouverne. Une sorte d'intendance vouée à suivre, inexorablement, le commandement. Et depuis que la France a basculé, après l'intronisation de ses gouvernants actuels, dans le camp atlantique, sa vieille, mais néanmoins brillante, doctrine militaire s'est trouvée, soudainement, obsolète. Commence alors un branle-bas de combat général dans les instituts de recherche stratégique français pour concocter en urgence une doctrine d'échange. Une sur mesure qui prendra en considération les trois constantes idéologiques du commandant en chef : atlantisme, néo-conservatisme et sionisme. Les adeptes de la nuance apprécieront le nombre( trois) ainsi que l'ordre de présentation de de ces concepts, les autres, majoritaires, y trouveront de la redondance. Quoi qu'il en soit la nouvelle doctrine fut, vite, trouvée. Et, à l'instar de son concepteur, le général Georgelin, elle est simple, voire simpliste, mais claire et limpide. En effet, l'ancien chef d'état-major des armées françaises dévoila dans un document non classifié, intitulé le concept de déploiement des forces, son principe de base qu'il appellera : le fondement du corpus conceptuel et doctrinal des interarmées. Il y justifie notamment la nouvelle approche française par l'obligation de prendre en considération les "trois inflexions majeures". Inflexions qu'on peut, après lecture attentive, résumer par : la mondialisation, la menace terroriste et l'Otan. Ce qui donne, en une phrase, rejoindre l'Otan pour lutter à l'échelle mondiale contre le terrorisme islamique. Le choc des civilisations y est, vous l'avez compris, à peine voilé. Dans ce livre testament, le général, 5 étoiles, réputé pourtant proche de Chirac, prend à son compte tous les idéaux stratégiques néo-conservateurs. C'est à peine que le grand moyen-orient, cher à Buch, n'y est pas prononcé. Lisez-le dans le texte dévoilant la future zone de préoccupation de la dissuasion française : "l'évolution du contexte géostratégique dessinant un arc de cercle allant de l'océan Atlantique à l'océan Indien", autrement dit de la Mauritanie à l'Indonésie. Le supposé ennemi est désormais désigné. Alors, en quoi cette nouvelle donne intéressera-elle le reste du monde? En tout, je serai tenté de dire. Tout d'abord, en région sub-saharienne, elle mettra fin à toute présence soutenue de l'armée française au delà de la zone d'opération indiquée. C'est-à-dire, en résultat immédiat, la fermeture des bases françaises au Sénégal au profit d'un nouveau type de présence plus léger et plus proche de la façade atlantico-méditerranéenne. Le monde arabe, ensuite, par son simple emplacement géographique, a un rôle primordial à jouer dans la nouvelle doctrine stratégique française. Il représente, en effet, l'arc de cercle que la France a choisi de mettre dans sa ligne de mire. Un choix sans raison valable, car, en plus qu'il est la région la pus désarmée du monde, il correspond aux peuples historiquement amis de la France et ce depuis Charlemagne jusqu'à Chirac. Atlantisme, quand tu nous tiens !
Par Cide Article du 02/05/2010 / 12:11:36
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