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Cognac : A la recherche d'une plus grande mosquée Comment
faire rentrer deux cents fidèles dans une salle de prière
de moins de 60 m² ? L'équation est complexe pour Ahmed
Bellaouar, l'imam de Cognac. Chaque année, le nombre de
pratiquants s'accroît. Mais les murs de la petite mosquée
de la rue de la société vinicole ne sont pas extensibles.
De quoi pousser les représentants de la communauté
musulmane à tâter le marché immobilier, en
quête d'un local plus spacieux.
« Nous recherchons un
terrain de l'ordre de 300 à 400 m², soit plus du double de
ce dont nous disposons aujourd'hui », précise le docteur
Ali Ayadi, vice-président de l'Association de la
communauté musulmane (ACM).
Lundi dernier, deux
représentants de la communauté ont plaidé leur
cause à l'hôtel de ville, devant Michel Gourinchas,
espérant un coup de pouce. Ils n'ont pas obtenu de solution
directe, pour le moment. « Nous pensions à deux endroits
précis, raconte le président de l'ACM, Ahmed Bouhoudi :
les anciens abattoirs ainsi qu'un chai situé rue Saint-Martin,
mais la municipalité nous a dit que c'était impossible.
»
Parking sauvage
« Rien n'a
été décidé pour le moment, confirme le
maire, mais dès que nous avons une idée d'emplacement,
nous leur ferons signe. » Le dossier dépasse en effet la
seule salle de prière. L'affluence des fidèles, notamment
lors des grandes fête du calendrier musulman, entraîne des
soucis de circulation et de parking. « Il y a des voitures
garées n'importe où, concède Ahmed Bouhoudi,
même sur le parking privé de Rémy-Martin. »
Et Michel Gourinchas d'ajouter : « Les gens se garent aussi sur
les places de la Communautés de communes, devant les chais
Monnet... » Une solution qui sera bientôt abandonnée
avec les travaux de restructuration du site.
Reste que la
vitalité de la communauté musulmane cognaçaise,
qui attire des fidèles de Saintes à Barbezieux,
pèse sur le bon déroulement des activités
religieuses et culturelles, tant la petite maison est incommode.
« Le dimanche, nous devons refuser des enfants aux cours
donnés par l'imam, explique Ahmed Bouhoudi, car la salle
à l'étage est trop petite. De même, la salle de
prière des femmes et l'espace réservé aux
ablutions sont devenus trop exiguës.
« Lors de la
fête de la fin du ramadan, il y avait même des gens qui
priaient dans la rue », poursuit Ahmed Bouhoudi. « L'ACM
remerciement d'ailleurs sincèrement tous les participants aux
repas du mois du ramadan », tient à préciser le
président de l'association. Une trentaine de fidèles se
retrouvaient chaque soir dans l'espace d'accueil.
« Je
crains pour la fête de l'Aïd al-Adha, qui aura lieu le 28
novembre, poursuit Ahmed Bouhoudi. Là encore, il va y avoir
beaucoup de monde. »
En tout, près de 400 personnes
fréquentent la mosquée, aménagée en 1997.
« Plus ça va, plus on se serre... », lance le
docteur Ayadi.
Le bâtiment actuel, qui était
précédemment une maison particulière, avait
été acheté 150 000 francs (à une vieille
dame), avec les fonds propres de la communauté. « Cette
fois encore, rappelle le docteur Ayadi, c'est grâce aux
cotisations que nous comptons réaliser l'investissement. »
La
communauté musulmane de Cognac, qui regroupe majoritairement des
membres d'origine maghrébine, compte aussi des personnes
originaires du Sénégal, du Pakistan... « Et aussi
des Français », précise Ahmed Bouhoudi. «
Nous prônons un islam de la tolérance », poursuit
cet ancien salarié de la maison Martell, qui fait de la nouvelle
mosquée sa priorité.
« Nous ne nous fixons
pas d'échéance, mais cherchons au centre de Cognac, ou
à Saint-Martin. » En attendant une réponse de la
mairie, les fidèles épluchent en coeur les petites
annonces immobilières.
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