Les musulmans bâtissent eux-mêmes leur mosquée Ils sont maçons, plâtriers,
électriciens... Le vendredi et le samedi mais parfois aussi le
dimanche, Khalid, Abdelkader, Reddad, Mohamed et bien d'autres se
retrouvent au Petit-Marseille où ils construisent leur futur
lieu de prières. Un endroit dédié dont ils
rêvaient depuis très longtemps.
Rappelons que la
mairie a mis à la disposition de l'association cultuelle et
culturelle des musulmans de Rochefort et de Charente-Maritime, un
terrain municipal de 1 160 m2, rue du Moulin de la Prée dans le
quartier du Petit-Marseille. Un bail emphytéotique de 99 ans
pour un loyer annuel de 50 euros, a été accordé.
Et le permis de construire délivré, il y a un peu moins
d'un an, concerne l'édification d'une mosquée dont les
plans ont été dessinés par l'architecte Alain
Cagerona.
Certains des musulmans préfèrent parler
de « lieu de prières » que de mosquée et, de
toute façon, plusieurs salles sont prévues, l'endroit
devant permettre également l'organisation de manifestations
culturelles et accueillir notamment des expositions.
Le terrain
ne coûte donc quasiment rien aux musulmans mais, en revanche, la
construction et l'aménagement du bâtiment sont
complètement à leur charge. Et ce n'est pas rien, le
coût global étant estimé à 300 000 euros.
À
une époque, ils avaient envisagé de solliciter des
subventions, mais finalement, ils ont préféré s'en
dispenser. D'où la décision de réaliser
eux-mêmes les travaux.
Les conditions climatiques de ces
dernières semaines ont quelque peu retardé le chantier
mais il progresse tout de même et les fondations sont
terminées.
« Un travail de géant »
«
On a fait un travail de géant même, sourit Reddad. Quand
on a réalisé les fondations, il y avait au moins 50
personnes ici. Des musulmans mais aussi des gens qui ne le sont pas,
comme des amis de mes enfants ou des habitants du Petit-Marseille. Moi,
c'est mon quartier ici. Cela fait 24 ans que je vis à Rochefort,
mes enfants y sont nés ». Ses amis racontent que les
musulmans de Rochefort ne sont pas seuls à s'atteler à
cette tâche, d'autres habitants d'Échillais ou d'autres
communes des environs, même de La Rochelle, viennent les aider.
Chacun
met la main à la pâte, selon sa spécialité,
ou plus exactement en fonction du travail à exécuter. Une
équipe de sept ou huit personnes, sorte de noyau dur, dirige
l'ensemble du chantier.
Ce dimanche, en fin
d'après-midi, il fait froid, le vent souffle mais personne ne se
plaint, une excellente ambiance règne sur ce petit terrain
depuis lequel on entend les clameurs venues du stade voisin.
Les
musulmans le disent, ils ont l'impression de faire « quelque
chose de bien » : « C'est comme si des chrétiens
bâtissaient leur église ». A priori, la fin du
chantier pourrait avoir lieu dans un an. Article du /
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