MUSULMANS EN FRANCE. Le débat Alain Soral-Tareq Oubrou MUSULMANS EN FRANCE. Le
débat Alain Soral-Tareq Oubrou a dessiné les questions
sensibles tout en montrant qu'elles n'étaient pas sans solution
 - La
rencontre entre l'imam bordelais et l'ancien membre du FN a notamment
fait apparaître que la crispation identitaire n'est pas la
solution. (photo L. T.)
«
Dis-moi d'où tu me parles, je comprendrais ce que tu veux me
dire ! » C'est un peu ce que l'on éprouvait en
écoutant le débat organisé vendredi soir entre
Alain Soral, président d'Égalité et
réconciliation, et Tareq Oubrou, imam de la mosquée El
Huda de Bordeaux, dans une salle de l'Athénée
raisonnablement pleine. C'est l'association d'Alain Soral (membre
jusqu'au 1er février dernier du FN) qui avait invité
l'imam à débattre de l'attachement des musulmans à
la France.
Le premier tenait à relayer la parole du
« mec avec lequel on va boire un coup au bistro ».
D'où un discours largement teinté de populisme où
le féminisme n'était guère présent. On aura
retenu en particulier une explication sur « les bourgeoises
françaises qui ne font plus assez d'enfants parce qu'elles ne
veulent pas abîmer leur ventre », que démentent les
études démographiques. Mais le sociologue
autoproclamé n'a sans doute pas eu le temps de les lire. Le
« messager du mec du bistro » s'en est aussi pris aux
médias (mais lesquels ?) coupables de présenter les
musulmans comme des gens dangereux.
Assimilation entamée
Tareq
Oubrou n'a pas la réputation de fréquenter les bistros.
Il leur préfère les bibliothèques. Et s'est donc
livré à une réflexion théologique sur la
place de l'islam comme religion de paix, et non de poseurs de bombes,
livrant ses constats sociologiques sur l'émergence d'un islam
français et l'assimilation largement entamée des
musulmans d'origine maghrébine.
L'imam a d'ailleurs
noté que c'est une communauté dans laquelle on trouve
désormais de tout : agno- stiques, indifférents,
homosexuels et même membres de l'UMP. Et, serait-on tenté
d'ajouter, humoristes !
Ce débat n'a pas été
inutile. D'une part, il a montré que la crispation identitaire
n'était pas la meilleure solution dans un monde où
l'imbrication des cultures est une réalité. Cela c'est
Tareq Oubrou qui l'a mis en avant. D'autre part, la discussion a mis
à jour les contradictions d'une droite islamophobe et d'une
gauche tentée par l'idéologie du métissage. Cela
c'est à Alain Soral qu'on le doit, même si on ne voit pas
très bien où il veut vraiment en venir.
Reste la
voix d'un troisième larron qui s'est exprimée vers la
fin. Elle traduisait celle du Bloc identitaire, qui s'inquiète
de la construction à Bordeaux d'une grande mosquée. Pour
le recteur de celle de Bordeaux, c'est une nécessité si
on ne veut pas voir n'importe quel islam être enseigné
n'importe où par n'importe qui.
Le débat est loin d'être clos. Reste que le duo Soral-Oubrou ne l'a pas si mal engagé vendredi.
( Des vidéos de cette rencontre dans notre Vidéothèque ) Article du /
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