L'olivier
planté près de l'église le 25 mars 2004,
c'est-à-dire au début de la guerre en Irak, en porte le
témoignage. Cela fait maintenant six ans que le groupe
interreligieux (chrétiens, juifs, musulmans) de Sainte-Croix
organise à cette époque de l'année, dans
l'église du quartier, une journée pour la paix. Demain
mercredi, l'église restera ouverte toute la journée et
l'on pourra, comme d'habitude, venir s'y recueillir, prier,
réfléchir à la paix, et déposer une bougie,
à l'intérieur de l'édifice ou sur le parvis. Un
cahier, sorte de livre blanc, sera également disponible
où tout un chacun pourra inscrire, en faveur de la paix, le
message de son choix.
Cette année, en revanche, la
célébration interreligieuse sera remplacée,
à 20 heures, par une conférence du père Christian
Delorme, prêtre lyonnais qui a longtemps vécu au quartier
des Minguettes, spécialiste du dialogue entre religions, sur le
sujet suivant : « Chrétiens et musulmans : nous
rencontrer, nous connaître, nous respecter, nous aimer ».
Elle sera suivie d'un débat, et l'entrée sera libre, bien
sûr.
Le thème de cette conférence n'est pas
un hasard. Ce printemps 2009 verra en effet le début de la
construction d'une mosquée à Bayonne Nord. Très
exactement sur un terrain de 2 000 m2 situé rue Joseph-Latxague,
derrière l'hypermarché Leclerc,. « Il nous
paraît important de préparer les esprits, les
intelligences et les coeurs afin de désamorcer toutes les
craintes, les haines et les rejets », explique l'abbé
Jean-Marc Lavigne, curé de Sainte-Croix, soulignant par ailleurs
qu'un dialogue interreligieux ne versant pas dans le syncrétisme
ou le relativisme est tout à fait dans l'esprit de Vatican II.
Président
de l'Association culturelle des musulmans de la Côte Basque, et
membre actif du groupe interreligieux, Abderrahim Wajou se
félicite vivement de cette initiative visant à maintenir
un bon état d'esprit dans ce quartier entre communautés
habituées depuis longtemps à vivre ensemble. Comme dit
Malika, l'une de ses coreligionnaires, Marocaine de naissance, vivant
en France depuis quinze ans et à Bayonne depuis dix-huit ans,
« les rencontres facilitent le voisinage ».
En ce qui
concerne la mosquée, les premiers coups de pioche devraient
démarrer en avril, et ils poursuivront au fil à mesure
des financements qui seront, précise Adderrahim Wajou, «
exclusivement locaux et nationaux ».