Satisfaction côté UMP, embarras côté PS...
Outre la majorité, il a été défendu par les élus socialistes et ceux du PRG. Verts et communistes n'ont pas pris part au vote, à l'exception d'André Gerin, à l'origine du débat. Sans force de loi ni pouvoir contraignant, cette résolution, procédure parlementaire née de la révision constitutionnelle de juillet 2008, n'en est pas moins hautement symbolique (voir lien ci-dessous). Elle est la seconde à être examinée (après celle sur le Tchad - voir lien ci-dessous), et la première portée par l'UMP.
Avant le vote, Jean-François Copé ne cachait pas sa satisfaction. «C'est un grand jour! Ce n'est pas un hasard si notre première résolution concerne un sujet aussi important que la burqa», a insisté dans la matinée le chef de file de la majorité, avant d'ajouter qu'il se réjouissait du soutien socialiste. Pour lui, ce texte est un préalable au projet de loi qui doit être examiné le 19 mai 2010 en conseil des ministres et «début juillet» à l'Assemblée nationale, et dont l'objectif est d'interdire le voile intégral dans tout l'espace public.
Les élus PS sont apparus embarrassés. D'abord globalement opposés à la voie législative, ils s'y sont ralliés tardivement, après la remise, par le conseil d'État, d'un rapport sur la question et la publication de sondages faisant état d'une large adhésion de l'opinion publique au principe d'une loi.
Pour se démarquer de la majorité, néanmoins, ils ont élaboré leur propre proposition de loi. S'ils ont soutenu la résolution, «parce qu'elle rappelle des grands principes républicains», ils ne voteront pas le texte présenté par le gouvernement, indiquent-ils en substance, tout en laissant entendre qu'ils ne lui barreront pas la route, en ne saisissant pas le conseil constitutionnel.
Une tactique mystérieuse...
Quant à l'incohérence de la tactique? «Le PS, indique Jean Glavany, ne doit pas donner l'impression d'être indulgent par rapport à des pratiques comme le port du voile intégral. C'est pour cela que nous ne saisirons pas le conseil constitutionnel, même si nous ne soutenons pas le projet de loi et que nous pensons qu'il recèle des risques juridiques.» Également membre de la mission, Danièle Hoffman-Rispal, qui a pris la parole, mardi, dans l'hémicycle pour défendre la résolution, reconnaît, quant à elle, que la stratégie socialiste est «complexe et pas toujours très claire». «Le gouvernement nous a mis dans un piège», regrette-t-elle, résumant son questionnement: comment faire pour empêcher cette pratique sans stigmatiser la population musulmane. «Cela fait un an qu'on est enfermé là-dedans, il faut en sortir», ajoute-t-elle.
Dégagée des contraintes tactiques, et plaçant le PS face à ses contradictions, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a fait savoir, de son côté, qu'elle regrettait que la proposition de résolution se concentre sur le voile intégral, les pratiques radicales ne pouvant, selon elle, se réduire au port du niqab. Dans un récent avis, ses membres avaient émis de sérieuses réserves à l'égard d'une loi d'interdiction, mettant en garde contre «la tendance à ériger en principe des considérations morales et à justifier une surveillance des comportements individuels incompatible avec les principes de liberté sur lesquels se fondent notre société» (voir liens ci-dessous).
Dans le même temps, ils avaient appelé les responsables politiques à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité et insisté sur la nécessité d'enseigner et de réaffirmer «sans cesse» de l'école à la formation des adultes «les grands principes régissant notre société», à savoir «le droit de croire ou de ne pas croire, la laïcité, l'égalité, l'unité indivisible de la République, la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie et les discriminations, entre autres». ( Lire la suite sur dijonscope.com )
Burqa : les policiers non plus ne veulent pas d'une d'interdiction
Du point de vue de la police, la prohibition du voile intégral est loin de tomber sous le sens. Les députés ont commencé, ce mardi 11 mai, l'examen de la résolution parlementaire, soit le premier acte avant les débats, prévus en juillet, sur le texte de loi par lequel le gouvernement entend interdire explicitement la burqa en France en dépit du Conseil d'Etat.
Sans surprise, chaque interview démarre par une précaution oratoire. En substance : si la loi passe, ils l'appliqueront -le métier, en somme. Mais, une fois expédié ce parachute attendu, les réactions sont autrement mitigées.
C'est sans doute aller un peu vite en besogne que gager que tous les commissariats ne bruissent que de ce débat-là. Toutefois, la question va gagner en vigueur, dans les commissariats comme sur le Net.
Pas tellement parce que ces fonctionnaires de terrain jugeraient le phénomène marginal. Si les représentants syndicaux relativisent, les gardiens de la paix sur le terrain, eux, jugent plutôt que la burqa progresse. Ainsi, cet agent, qui tient à l'anonymat mais travaille depuis six ans à Roubaix (dans le Nord) :
« On croise clairement de plus en plus de voiles intégraux. Dans cette ville, d'ailleurs, tout est halal. » ( Lire la suite sur Rue89 )








