Tribune Larbaoui Mohammed : Le cas Zemmour relève de la psychiatrie ou du traitement judiciaire ?. On s’est longtemps demandé si le cas Zemmour relevait de la psychiatrie ou du traitement judiciaire, c'est-à-dire des tribunaux.
Mérite t-il vraiment tant de débats et de temps perdu à commenter ses insanités vachardes incontrôlées ? D’autant plus qu’il n’est pas seul dans ce registre infâme de l’insulte a peu de frais. Seulement lui, pense t-on à juste titre qu’il prend goût et de l’assurance à se distinguer sans le rôle d’un oracle au petit pied encouragé par la cohorte partisane de la fameuse « liberté d’expression ». Il n’échappe à personne qu’il existe en France une police de la pensée sachant instrumentaliser a qui mieux-mieux. Une sorte d’un « Saint office de la bien pensance » au service d’un ordre politico-intellectuel dont le siège officiel réside dans sa puissance à provoquer la polémique et la nourrir pour des peccadilles.
Cette bien pensance aux intérêts multiples, qui n’a ni queue ni tête mais elle est bien réelle dans le champ social hexagonal aux contours circonscrits par les enjeux conflictuels de la polémique, produit des adeptes à tire-larigot. Cette police de la pensée se présente comme le parangon de la vertu médiatique et religion nouvelle du « bien dire » selon les normes de cette fameuse liberté d’expression qu’on peut qualifier de « la l’ex ». Car « la l’ex » dans cette optique n’est plus comprise comme un moyen d’exprimer un désaccord éthique, politique ou moral, ou l’expression relevant de la catégorie du débat d’idées démocratiques mais un droit sans frein à l’insulte, à la stigmatisation cruelle en évitant de tomber dans le délit réprimant le racisme.
Car nul ne s’aventurerait désormais à défendre son honneur ou ses intérêts lésés devant les tribunaux. Les partisans de « la l’ex », à présent vulgate devenue par l’usage jurisprudence en la matière et dogme officiel, remportent systématiquement la partie. Même si le plaignant fort de son bon droit à demander réparation du tort dûment constaté les tribunaux pusillanimes de craintes de subir les foudres et la violence des réactions de la police de la pensée ne se mouillent pas trop et finissent par débouter avec des considérations jésuitiques confondantes. Les protagonistes sont renvoyés dos à dos parfois. L’affaire Hortefeux en témoigne. Le tribunal admet que le ministre a tenu des propos racistes mais… en privé !
La vraie liberté d’expression a ses lettres de noblesse lorsqu’elle met en œuvre les moyens de défendre la justice sociale, le cas d’un petit face à l’oppression d’un système ou d’un état. Lorsque l’opprimé a besoin d’être soutenu face à l’arbitraire. En matière de caricature journalistique nous avons l’exemple du « Figaro » qu’on a jamais vu défendre la notion des droits de l’homme et encore moins soutenir des hommes injustement emprisonnés. Ce journal naguère ne s’embarrassait d’apporter son soutien tacite au régime de l’apartheid. Mais depuis lors il a changé de propriétaire en conservant le fond de commerce idéologique où s’abreuve le plumitif Eric Zemmour.
A l’époque où Mandela croupissait dans les geôles de Robben Island en Afrique du sud, Israël collaborait sans réserve avec ce régime raciste et cruel. Or à l’époque les partisans de « la l’ex » n’étaient pas légion dans le champ médiatique. Il n’est pas complexe de mettre en perspective les thématiques qui fâchent et nourrissent la polémique chère aux « bien pensants » mis devant leurs propres contradictions conceptuelles. Le cas de Zemmour est emblématique de ce paradoxe du dénonciateur-dénoncé. Si l’on reprenait le fil de sa fameuse sortie sur « Canal Plus » lors de l’émission de Thierry Ardisson. Au cours d’un bref échange qui l’opposait à un contradicteur qui déplorait les contrôles au faciès trop nombreux dans certains quartiers laissés à l’abandon à son goût, « Tu trouves normal toi lance t-il à Zemmour qu’un flic contrôle 17 fois la même personne dans la journée ? Bien sûr, mais tu sais pourquoi toi ? Rétorque le Zemmour, parce que les arabes et les noirs sont tous des trafiquants de drogue…
Donc la question portait sur les contrôles au faciès (délit de sale gueule) et donna lieu à un glissement sémantique et débouche fatalement sur la fameuse polémique chère aux « mâles pensant » relayant l’idée que les arabes et les noirs sont tous des trafiquants de drogue pour occulter l’essentiel à savoir l’exécrable dénonciation raciste.
Chacun s’est cru autorisé de pontifier et d’aller de son couplet favori sur le thème scabreux et indigne lâché par Zemmour. Pour beaucoup escomptant des dividendes politiques significatives, trouvant argument à ratiociner la haine que lui inspire « l’arabe et le noir » voués aux gémonies. Même les personnages les plus inattendus sur ce genre de terrain furent de la partie et apportèrent leur contribution, renforçant l’idée que les arabes et les noirs sont effectivement trafiquant de drogue et Zemmour de le dire haut et fort.
Monsieur Bilger pour ne pas le nommer s’arrête sur l’aspect comptable de la question et apporte un soutien vif et remarqué à Zemmour le légitimant dans sa posture « d’homme libre » exerçant un droit à la parole dans un contexte justifié par la nature de ce qu’il affirme et pointe du doigt le nombre de basanés qui défilent devant les tribunaux et dont act…Evidemment là on se place sur le registre du factuel en ce sens que Philippe Bilger peut avancer des chiffres et jongler avec des statistiques du sordide tant il est vrai que nombre de petits et grands dealers de barrettes de shit au bas des cités pullulent devant son tribunal…
Ils sont pour la plupart des jeunes gens « typés » comme le dénonçait Zemmour mais français car il lui est insupportable à Zemmour de reconnaître qu’ils jouissent de la même qualité de citoyenneté que lui ça lui écorche la bouche de la même manière que certains israéliens de répugner nommer les palestiniens préférant les appeler « les arabes ». Alors il use de la rhétorique israélienne pour marquer sa préférence toute naturelle du parti pris. Il n’existe pas de palestiniens que des arabes. On y revient.
Nonobstant la prise de position de l’avocat général Bilger qui s’insurge mal à propos en juriste reconnu excellent, sa posture médiatique s’apparente à une sorte de défi à la conscience de l’homme libre. Comment a t-il pu céder sur les principes intangibles de la neutralité du magistrat dans les querelles politiques et médiatiques ? Comment un homme de sa stature puisse t-il concevoir descendre jouer aux billes dans le bac à sable au bas de l’immeuble de Eric Zemmour ? Pour faire dans la métaphore facile l’imposture de Zemmour n’a d’égale que la tolérance de ceux qui lui donne généreusement l’imprimatur non sans arrière pensées de boutiquiers. Tout ce qui flatte l’opinion dans le sens du poil et se complet dans la bassesse cultive la médiocrité. Avant d’aller plus loin dans le raisonnement et l’examen critique du (cas) sujet Zemmour on peut se poser raisonnablement la question de savoir ce que cet homme aime dans sa petite vie ? car nous savons déjà ce qu’il déteste, à peu près tout, il le démontre à chacune de ses interventions cathodiques ou médiocratiques pour l’essentiel dans la démesure, pitoyable et complaisamment relayé. En matière de cognition tout est question d’information. Le moindre signe traduit et englobe une réalité de fait. Or Zemmour use et abuse inconsciemment parfois de thématique de la surenchère qui, loin de le valoriser comme il l’imagine très naïvement, le réduit à son état d’homme inquiet, et profondément englué dans l’incertitude et croit son avenir menacé. Sa démarche s’inscrit dans le droit fil de ce courant idéologique opportuniste fourre-tout. Il lui semble incarner un conglomérat rassemblant le tout et son contraire. Il est à lui tout seul un front national sans se l’avouer car qui penserait que ce petit bonhomme qui aspire à devenir grand animé de saines idées charitables n’agirait pas en philanthrope reconnu dans sa croisade à dénoncer le mal = les autres (au truisme) identifiés comme un mal absolu. Il prend pour cible privilégiés les « arabes » et accessoirement les « noirs » partisan des antagonismes ; surfant sur les crises successives il fait son choux gras de tout évènement ayant trait de loin ou de près a son job de plumitif.
Bien que juif militant il aurait pu avoir sa place à la « carlingue » de sinistre mémoire tant sa propension de délateur zélé l’incite à devancer l’ignominieux. Du haut de son perchoir estampillé service public (Fr2) semaine après semaine il prend plaisir à vomir sa haine macérée dans les rancœurs et la perfidie. Tout y passe, artiste, écrivain, comédien d’autant plus que sa médiocrité l’incline à s’acharner sur les débutants et les débutantes surtout dans le métier qui bien souvent se défendent maladroitement face à ses attaques cruelles et blessantes dans un combat singulier. Il n’est guère étonnant de constater l’indulgence coupable dont bénéficie ce personnage de la part de « la police de la pensée » tant il arrange « ses » affaires dans l’opprobre et l’indigne dont il se fait le chantre. Toute sa raison de lutter (tout comme bien d’autre à sa suite (esprit d’émulation sans doute)) chacun dans son rayon se résume à conjurer le sort que l’hexagone ne change de sympathie. Sa crainte animé et trahit ses pensées non étalées en public Zemmour fait sans nul doute parti de cette secte d’agitateurs d’idées qui sont pour la guerre jusqu’au dernier israélien comme le disait le grand rabbin Kaplan en véritable homme de paix.
Il serait naïf de croire qu’il n’existe pas un racisme juif maghrébin qui se nourrit de la tragédie algérienne et des suites toujours vives d’un passif psychologique entretenu de génération en génération dans les salons. Ce racisme est porté pour l’essentiel par les juifs d’Algérie (qualifiés abusivement de pieds noirs) d’où est issu le plumitif du figaro. Ils feignent d’ignorer que le racisme n’est pas une opinion mais un délit. Ce secteur de la communauté juive de France tient dans le mépris les français d’origine maghrébine par pur cynisme et calcul mesquin. Parmi eux tel Zemmour tentent d’accréditer l’idée que les arabes ainsi que les noirs ne peuvent s’intégrer. Mais où doivent- ils s’intégrer dès lors qu’ils sont dans leur pays : la république.
Sa rhétorique nourrie de préjugés et son attachement excessif à mettre en exergue les différences sociales et (« raciales ») les origines, à chacune de ses sorties montrent s’il en était besoin sa nature belliqueuse et son souci de se mettre en avant. Ce triste sire qui court après le talent vainement par l’insulte et la désinvolture (qui constitue le luxe de son indigence intellectuelle) s’évertue à plaider pour un ordre social qui au fond le méprise souverainement tout en appréciant sa collaboration de boutefeux servile. Sa plume trempée dans la haine de l’autre (trop visible à son goût) pour dénoncer et dénoncer sans désemparer lui attire les faveurs de la bourgeoisie affairiste bling-bling, à souhait. Lorsqu’il reproche à Rachida Dati alors ministre de la république d’avoir choisi pour sa fille un prénom « étranger » Zohra car contraire à « l’intégration » dit-il en géographe de bistrot : minable et pathétique car il ne lui viendrait pas à l’esprit de quiconque jouissant de toutes ses facultés mentales de se demander en public pourquoi le voisin Nathan Cohen à prénommé son fils Schlomo. Sauf le nazi du front national pour qui cette question pose problème. On peut penser que cette expression ambivalente n’est que le reflet d’une frustration de n’être qu’un faire valoir d’un système sans lequel il tomberait irrémédiablement dans l’anonymat mortifiante. Il est à noter qu’il se distingue également de façon remarquable par ses courbettes appuyées devant les puissants autant qu’il s’acharne à mépriser les petites gens. Il donne l’impression de fonctionner selon un compromis qui a fait l’objet d’un arrangement entre sa conscience étriquée et sa connivence avec les dominants auxquels il a prêté allégeance en abdiquant. Homme lige, son tempérament de chien-fou le met en situation d’ergoter sans retenue sur des thèmes aussi variés que rarissimes tels que l’économie politique, la démographie, le droit constitutionnel ou la géologie thermique à propos des volcans et ce, sans avoir aucune compétences particulières. C’est incroyable !
Tout compte fait on aurait pu lui accordé un certain crédit si dans sa dénonciation imbécile il s’était donné la peine de creuser et analyser les fondements de cette économie parallèle des barrettes de shit et la débrouille qui frappent les cités de l’absence de l’Etat Sarkozy et son refus de s’engager par des investissements à longs termes : de cet aspect il n’en a cure le nanti.
Enfin en tout état de cause cette économie de la débrouille ne fait pas des français fragilisés des trafiquants potentiels et on en est très loin de l’économie parallèle d’une autre physionomie du pays de Berlusconi où il existe une réelle économie parallèle officielle qui fait vivre des millions d’italiens depuis plus d’un siècle. En France, le phénomène reste parfaitement marginal et endigué. Il peut être éradiqué par des mesures sociales sur le long terme. La France à cette capacité de prendre en compte tous les secteurs déficients de la société. L’état Jacobin modèle sur lequel nous continuons à fonctionner à horreur du vide, synonyme de désordre dans la mécanique institutionnelle. Le Zemmour comme d’ailleurs tous les répressifs de tous poils ne voit jamais les causes de ce paupérisme des cités par la démission des services de l’Etat Sarkozy. Mais si l’on devait suivre cet ergoteur (de service en panne) dans sa démonstration selon le dogme imposé et donc ouvrir la porte à une sorte de littérature comparée dans le domaine du « mal faire tous azimut » il doit par conséquent admettre d’entendre et avec lui tous ceux qui l’ont soutenu de près ou de loin, que dans le domaine de la morale blessée et outragée les juifs passent, pour les plus grands voleurs et escrocs de l’humanité même si ce n’est pas le cas de gratter les fonds de tiroirs de l’histoire en faisant des généralités idiotes mais il n’empêche que les avatars Madof, Stavisky, Flato Sharon, les boutiques du sentier, la famille Woerms (qui n’hésita pas à traficoter avec l’occupant nazi) banquiers et affairistes. On peut se dispenser de remonter jusqu’au collier de la reine ! Toutefois ce genre d’étalage malsain et indigne ne peut en aucun cas jeter l’opprobre sur nos frères juifs et compatriotes et ne grandit personne au passage de vouloir se montrer chevalier blanc. Car le champ de la dénonciation à toujours été un domaine de prédilection de la droite et le droite extrême qui voit en l’autre l’ennemi et donc « le mal » comme au moyen-âge : « Tout ce qui n’est pas nôtre est un ennemi à occir ». Or, aujourd’hui la droite est totalement décomplexée. Sous Sarkozy la tendance s’est accentuée avec virulence. La droite décomplexée s’affranchie des contraintes morales et des contingences sociales codifiées par la loi, et imposé le credo de sa vision historique imaginaire pas même mythologique que probablement ni un Maurras ni un Brasillach et encore moins un Drieux la Rochelle ne reconnaitraient. Vous avez dit les habits neufs de la droite ! Sarkozy par calcul électoraliste à court terme à pu libérer la parole et ainsi donner le droit implicite de remettre en question les valeurs fondamentales de la fameuse identité française et ses origines multiples. Notre président qui n’a pas de culture historique et méconnaît gravement l’histoire des mentalités de notre pays pêche par enthousiasme et amateurisme dans sa pratique à vouloir réformer la France dans ce qu’elle a de substantiel à savoir la France est une république sociale dont les fondements reposent sur le sang et la sueur des femmes et des hommes qui l’ont façonner à travers les siècles. Ainsi donc le petit Joseph Bara a autant d’importance dans la constitution de l’identité française que le soldat inconnu ou Alain Mimoun. Réformer la France par le bas c’est vouloir la rendre moins solidaire, moins généreuse et recroquevillée sur elle-même sur un état de fait totalement étranger à ses racines de carrefour et creuset civilisationnel par lequel bien des peuples depuis l’antiquité ont transité sans discontinuer. La France à des origines multiples c’est ce qui fait sa richesse. Tous les médiévistes l’attestent parfaitement. Charlemagne ne parlant pas le françois mais le tudesque et un peu latin. Clovis parlait le germanique tout comme Grégoire de Tours. L’identité de la France demeure l’une des plus forte au monde et s’enrichit constamment d’apports nouveaux de façon séculière car le socle est solide. L’affirmation de cette identité ne se dément pas, au contraire : les géographes sérieux et attentifs à l’évolution des Etats-Nations dans la dynamique des contraintes de déplacements des populations s’accordent à admettre le choix prisé pour l’hexagone. La France reste un pôle d’attraction pour les migrants depuis les origines jusqu’à nos jours. En ce sens que la France dispose de cet appareil unique de transformation sociale capable de donner à chacun sa chance de devenir un franchouillard appréciant ou non le jambon beurre…de permettre à un petit juif dont les parents originaires de Constantine en Algérie de venir plastronner sur les plateaux télés vomir sa hargne. Ca aussi c’est la France de l’intégration constante et de ses effets qui ne font pas plaisir on s’en doute, à la « police de la pensée ». Zemmour est devenu un français à partir du décret crémieux qui accorda la citoyenneté aux juifs d’Algérie au grand dam de l’extrême droite qui ne l’a jamais admis au fond d’elle-même. Et pourtant elle a pu gagner en son sein un adepte zélé à sa solde. Au discours autorisé validé par ses conceptions proches des siennes quant au fond et à la forme.
Autant dire que monsieur Zemmour fait la danse du ventre devant le parterre des va-nu pieds de la pensée sentant la naphtaline et le vert de gris. Il n’innove pas dans sa besogne et reste laborieux à tailler à la serpe tout comme ses prédécesseurs dans le rôle. Zemmour se sent encouragé par la dynamique Sarko (qui s’essouffle à présent) quand il tance : « La France tu l’aimes ou tu l’quittes » et de se rendre sous les balcons des cités populaires pour tenir un langage de charretier est-ce là une attitude digne d’un responsable politique de haut niveau ? Cette approche inhabituelle de la démarche politique facilite la libération de la parole. Il reste à noter que même Jean-Marie Le Pen qui pourtant n’était pas en reste quand il s’agit de défendre son fonds de commerce - et pour cause il a débuté à bonne école ! chez Poujade - n’en faisait tant ! Contrairement à Sarkozy, Le Pen procédait (à l’aide d’un vocabulaire châtié maîtrisant parfaitement la langue française ce qui est hélas ! loin d’être le cas de Sarkozy) de façon feutrée et habile à stigmatiser « le mondialisme », « l’immigration », « le cosmopolitisme » comprenne qui pourra. En se livrant à une sorte de griserie opinionesque qui a fait son succès électoral Sarko et ses thuriféraires ont un temps cru que la France était au diapason grâce au tour de passe-passe de « travailler plus pour gagner plus » slogan creux alors que lui-même s’était augmenté dès son arrivée aux manettes de 140% en faisant moins beaucoup moins voire pire que tous les chefs d’Etat de la Ve république (la France est passée sous la suzeraineté des Etats-Unis de par son implication dans le commandement intégré de l’OTAN, merci Sarko !) Le champion de la rupture ne sait plus comment remonter la pente et recoller les morceaux de la France éparpillés. Mais quelle dimension peut-on donner aux propos du président Sarkozy ? Propos qui relèvent du registre classique du FN qui n’aura pas tord de porter l’affaire devant les tribunaux pour plagiat avéré de voir son fonds de commerce spolié à coup de déclaration sur la « sécurité » (il est aux affaires depuis huit ans et de déclamation sur le mérite « d’être français » en jouant à la bourse et les jeux de hasard, c’est autorisé depuis peu). La constance qu’offre cette vision sarkozienne de la société française où Zemmour et consort s’épanouissent en toute quiétude donne le ton de la vraie déliquescence de l’état républicain où tout devient possible non par le mérite de l’effort consenti mais par le truchement des accointances et copinages de circonstance pour service rendu et quelques recommandations au passage de façon à pérenniser l’équilibre de son système.
Il s’attache à conserver et préserver ses amitiés en ce sens on ne peut lui reprocher d’être fidèle aux liens qui l’unissent à ses obligés. Sa stratégie de la construction des équilibres à l’intérieur de sa majorité (morcelée) lui impose d’accepter l’impossible compromis qu’il déteste par-dessus tout. Faute de mieux avant le naufrage annoncé. On n’est plus dans la force de la conviction affirmée et portée en étendard de la réussite facile. En dormant ou presque.
Le Sarkozysme est un pendant du système auquel se nourrit Eric Zemmour et toute cette fange désinvolte et particulièrement agissante au besoin pour défendre la cause et vilipender « les mals pensants ». Il ne serait pas charitable de passer en revue et de les disséquer à la manière des brèves de comptoir tous ces fameux thèmes qui ont fait tant saliver et suer les adeptes de la liberté d’expression façon Zemmour concernant par exemple les sujets suivants : Le point de détail de l’histoire Trop de juifs dans les médias de France Culture Les Noirs et les Arabes, tous trafiquants de drogue La France « tu l’aimes ou tu l’quittes » Trop de blacko dans l’équipe de France de foot. On peut s’arrêter sur un seul des sujets assez révélateur d’une mentalité suspecte et trop honnête pour le croire. En effet, toujours dans cette défense acharnée de l’indéfendable. Renaud Camus écrivain à ses heures s’est cru libre de déplorer dans ses ouvrages qu’il y a trop de juifs (dans le texte) sur les antennes de France Culture ce qui n’a pas manqué de lui attirer les foudres de « la police de la pensée » à juste titre et depuis lors lui-même il en fait parti…Tout le monde lui est tombé dessus sauf…par hasard, un heureux hasard (mot qui vient de la langue arabe n’en déplaise aux pisse-vinaigre) il a trouvé un soutien pour le moins singulier en la personne d’Alain Finkielkraut philosophe de France Culture (Dixit Ivan Levaï). Seulement voila on est en situation de nous poser la question d’un tel soutien d’un juif à un antisémite et xénophobe pur jus de service. Comment est-ce possible cette indulgence quasi mystique ont transcendée peut-être ?
En réalité il serait naïf de croire une seconde que dans cette affaire Finkielkraut gentil observateur, qualifié des mœurs contemporaines ne cherchait que de dédouaner un faux antisémite que nenni ! Au contraire, Finkielkraut apportait moins son soutien à Camus qu’il ne cherchait à limiter l’idée qu’on pu concevoir de la furie suscitée en réaction légitime. Son soutien apparaissait comme une volonté de limiter la vindicte. Sa caution atténuant la charge sans pour autant lui donner quitus nous pouvons comprendre que Finkielkraut voulant éviter le chorus et donc le parti pris dit « communautaire » voila une singulière façon de défendre la liberté d’expression et de création. Finkielkraut n’est pas plus crédible lorsqu’il apporte sans sourciller son soutien (peu suspect celui là en islamophobe pathologique) à l’abjecte Oriana Fallacci dans sa croisade anti musulmane au nom d’un principe, spécieux, discutable philosophique assenait-il à l’époque. Ce même philosophe de France-Culture serait quelque peu gêné aux entournures de reproduire le même texte de validation de l’ignoble, l’abominable exécration (travail de l’anus que de l’esprit plutôt) de cet ouvrage si on s’amusait de substituer aux mots musulmans les mots juifs. Juste pour voir sa réaction de penseur aux aguets. Finkielkraut présente une parenté idéologique conceptuelle avec la secte de la bien pensance et la nourrit à l’occasion.
Sa posture demeure toujours dans les contours de la stratégie d’endiguement et de vigilance permanente dont quelques uns se font les cerbères. Ces mêmes adeptes du dogme de la liberté d’expression choisie ont poussé le ridicule de traîner devant les tribunaux Daniel Memet au motif antisémite lui le défenseur acharné des droits de l’homme militant de toujours de causes humanitaires. En revanche, on ne les a jamais vus ni entendu lorsqu’un ex journaliste decati et gâteux (excuse de l’âge) que tout le monde connaît s’est franchement déclaré qu’il n’aime pas l’islam sans que personne ne trouve à redire. Pourtant la gravité des propos ne l’était pas moins que s’il avait dit de ne pas apprécier le judaïsme. C’est un euphémisme pour éviter de dire, je n’aime pas les musulmans car il ne peut exister d’islam sans musulmans ni de judaïsme sans juifs etc… paroles prononcées au mépris de toute forme de tolérance. Ceci aussi relève de la liberté d’expression pensait-on alors au regard du droit canon médiatique ou tenu pour tel selon les pythies de la profession. Ce droit canon ne s’applique pas dans les mêmes normes lorsque feu l’Abbé pierre exprime ses liens d’amitié et apporte sa caution morale à un vieux compagnon trainé dans la boue. En effet, il fut un temps où l’on voyait Bernard Kouchner aduler et vénérer l’Abbé pierre. Mais lorsque le scandale éclata éclaboussant, le vieil homme ce même Kouchner n’a pas hésité à cracher sur la gloire nationale. L’Abbé Pierre n’a fait que soutenir son ami de la résistante qui mal lui en a pris de s’en prendre « aux mythes fondateurs de l’état d’Israël » …
Bref on n’a pas vu cette police de la pensée venir à la rescousse défendre le vieil homme. Il n’a pas non plus bénéficier de la clémence du cénacle parisianiste qui tient la France dans le mépris de la sureté de son jugement et imposé son « bréviaire à l’usage des mâles pensant » et autre censeurs autorisés.
Mais gardons nous de prêter des arrière-pensées ou des sentiments de malaise à ses auteurs. Il n’empêche que le constat est de facto interrogateur à plus d’un titre. Le vivre ensemble en France est une vraie nécessité objective et demeure un devoir indépassable pour tous les citoyens de la république. Les intrigues et autres inquiétudes de circonstances ne peuvent constituer un obstacle aux défis du XXIe siècle que la France s’apprête à affronter face aux grands enjeux de la mondialisation : émergence des puissances régionales, rééquilibrage géostratégique, la course à la maîtrise et domination des ressources énergétiques et stratégiques qui posent les vrais problèmes plutôt que les verbiages de Zemmour. La France a mieux à faire et entendre.
Par LARBAOUI Mohammed ( Chronique d’un détenu dans un pays qui n’existe pas (Lantin en Belgique)
Article du 12/05/2010 / 12:53:11
Commentaires(1)
le titre de ce document s'appelle :
Bréviaire à l'usage des "mâles pensant"
et j'insiste
par : Mme larbaoui Elisabeth son épouse (15/05/2010 à 12:21:27) ------------------------------------------------------
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