|
|
Les musulmans préfèrent s'exprimer sur le web Les musulmans préfèrent s'exprimer sur le web
Désormais,
modérés et fondamentalistes choisissent de livrer leurs
arguments sur le Net plutôt que dans les mosquées.

L'imam
est un guide. L'Internet aussi. Désormais, les débats de
l'islam en France se déroulent sur la Toile. «Et la parole
glanée sur le Net fait bien plus autorité», assure
l'anthropologue Dounia Bouzar. Car l'imam, souvent étranger et
conservateur, paraît parfois «ringard» à une
jeunesse, qui cherche sa norme. D'autant que les prêches publics
sont surveillés. Les imams évitent les commentaires
politiques. Qui se sont déplacés sur le Net.
Les
mouvements fondamentalistes comme le salafisme s'appuient
fortement sur le Web. Les cheikhs spirituels de
références se trouvent en Arabie saoudite, mais forment
une communauté virtuelle avec leurs recrues. «Ils
discutent de détails absurdes pendant des heures. Comme dans ce
monde clos, tout le monde se ressemble, les jeunes ont une impression
de normalité», analyse Dounia Bouzar. La Commission
européenne a d'ailleurs confié une mission de recherche
sur l'endoctrinement virtuel.
Mais au-delà des mouvements
radicaux, la Toile révolutionne la pensée musulmane. En
plaçant «sur le même plan, sans possibilité
de censure ou d'occultation, la parole religieuse des institutions
gardiennes de l'orthodoxie et celle des outsiders ou des
libéraux», explique l'islamologue Jocelyne Cesari. Une
situation totalement inédite.
«Cybermosquée»
Sur
le voile, on passe d'un clic aux écrits des fondamentalistes qui
imposent aux femmes de se couvrir le visage aux versions plus
libérales qui parlent de couvrir la gorge ou même d'un
voile symbolique. De quoi fournir des arguments à chacun.
Le
statut du livre sacré est lui aussi bouleversé par ses
traductions accessibles en ligne. «Il entre dans la vie
profane.» L'Internet «déplace la frontière
entre sacré et profane qui, historiquement, place le texte
révélé dans un domaine accessible seulement
à certains moments et sous la conduite d'hommes de foi et
de lettrés», analyse Jocelyne Cesari . La
démocratisation du texte avance, avec ses bonheurs et ses
errances. «La cyber-mosquée réunit plus de
musulmans que nos salles de prière», assume Dalil
Boubakeur, le recteur de la Mosquée de Paris. «La
liberté de ton, la confidentialité qui permet le
témoignage ont remplacé l'étude des textes.»
Beaucoup
de néophytes peuvent ainsi accéder aux premières
marches de la pratique, trouver une communauté, sans être
soumis à son jugement.
Source : Le Figaro Article du /
Commentaires(0)
Ajouter votre commentaire
|
|