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Les immigrés pour sauver les retraites françaises ?. En plein débat sur les retraites, une étude vient rappeler le caractère inéluctable du recours à l’immigration dans les sociétés vieillissantes du Nord.
Aujourd’hui, en France, la retraite à 60 ans est un acquis social menacé. "Il va falloir accepter de travailler plus longtemps", a déclaré le 2 mai sur Radio J le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand. Parole de politique ou rapport de spécialiste, tout semble en effet aller dans ce sens. Intitulée "Perspectives d’emploi en Méditerranée", une récente étude réalisée par le Femise (Forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences Économiques) explique, chiffre à l’appui, que la main d’œuvre étrangère est une nécessité si les Européens ne veulent pas travailler 20 ans de plus. La question est sensible et le gouvernement voudrait éviter l’affrontement. La mobilisation pour le 1er Mai a été d’ailleurs relativement faible : 350.000 manifestants contre 1.200.000 en 2009. En cause, moins le désintérêt, semble-t-il, que la désespérance : un sondage Ifop publié la veille révèle que près de 9 Français sur 10 s’intéressent au débat sur la retraite. Il montre également qu’en la matière les Français accordent peu de crédit au gouvernement (30 %), leur confiance allant aux experts (58 %). Les réalités que ces derniers décrivent risquent pourtant d’être difficiles à assumer. L’immigration comme nécessité vitale est, politiquement, une question taboue. L’étude de la Femise, qui porte sur les pays du bassin méditerranéen, concerne au premier lieu la France, dont les liens avec les pays du Maghreb sont à la fois très importants et très anciens. Au Nord, la population vieillit : en 2030, les personnes en âge de travailler (15-65 ans) seront au nombre de 20 millions. Le Sud, par contre, verra sa démographie exploser : il concentrera 84 % des travailleurs potentiels du bassin méditerranéen. Le rythme actuel des créations d’emploi dans la rive sud est faible : 1,5 million par an. Le nombre d’inactifs passera donc la barre des 150 millions de personnes en 2030.
Trois scénarios à envisager
Dès lors, trois scénarios sont envisagés par l'étude du Femise. Le scénario du pire consiste à laisser les déséquilibres économique et démographique se creuser. Il est de fait improbable : à moins de prolonger la période d’activité potentielle jusqu’à 80 ans, les économies du nord auront besoin d’une main d’œuvre que seule l’immigration pourra fournir. Le scénario médian envisage la progression du partenariat euro-méditerranéen (Union pour la Méditerranée) sur certains dossiers sensibles comme les services et l’agriculture, mais également la question de la mobilité des personnes. Les fractures économique et démographique se verraient partiellement réduites. Enfin, le scénario vertueux consisterait à intégrer les pays de la rive sud à l’UE. L’immigration rendrait possible le plein-emploi qui à son tour doperait la consommation interne. Les cotisations payées par les actifs immigrés permettraient en outre de financer les retraites.
Par Seyfeddine Ben Mansour pour Zaman France
Article du 11/05/2010 / 11:05:09
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