|
|
Marie, musulmane, prêche la tolérance Marie, musulmane, prêche la tolérance
Marie
s'est convertie à l'islam. Elle intervient dans les
lycées avec le Cerdi, le centre de rencontres et de dialogues
inter-religieux. Demain, elle sera à la Providence.
Elle est née catholique, grandit désormais avec l'islam.
A 25 ans, elle intervient dans les lycées. Pour parler de
sa foi et faire tomber les clichés.
Elle
a le regard qui pétille. Celui de ceux qui aiment la vie. Elle a
aussi le verbe facile, héritage d'un bac littéraire
décroché à Europe. Et elle joue d'une parole
libre, celle d'une ancienne comédienne. Qui a abandonné
les mots du théâtre pour les maux du service psychiatrique
de l'hôpital. Tourné le dos à la scène pour
gravir les estrades des lycées.
Face aux jeunes, elle raconte son parcours, lutte contre les « raccourcis ». Marie est musulmane. Et, en soi, c'est déjà une grosse claque aux idées reçues. « Et oui, je ne suis pas arabe », lâche-t-elle, avec un sourire amusé. Une manière de rappeler que l'islam est universel. « Le
malentendu, il vient de là. Quand on réduit une religion
à une nationalité, à des pratiques
extrêmes. »
Pour Marie, c'est une
histoire de rencontres. Le déclic s'est produit en 2002. La
comédienne jongle entre le TRPL et le Théâtre
Équinoxe. Elle tombe sur Le colloque des oiseaux, un
texte soufi conçu comme un voyage mystique. De cette jolie
fable, la jeune étudiante trouve des réponses à
ses questions. « Je me suis découverte. »
« Je n'ai rien renié »
Marie investit les librairies, s'imprègne de l'atmosphère de la mosquée de Paris. « J'ai voulu aller plus loin. C'est d'abord le résultat d'une démarche personnelle. » Baptisée,
éducation chrétienne et adolescence bien
éloignée des préoccupations religieuses, elle a
entamé un virage à 180 degrés. « Je n'ai rien renié. J'ai juste fait un autre choix : le mien. »
Ses parents comprennent. « On a toujours parlé. » Ses amis se divisent. « Ça m'a permis de tester l'entourage. Mais les plus fidèles sont restés. » Les autres se ferment quand ils n'émettent pas de réticences.
« On manque de culture religieuse, déplore-t-elle. Et on réduit tout à des symboles. » Dans
les lycées, elle vient raconter son histoire. Avec des
catholiques, des protestants ou des juifs. On l'écoute. « Je
ne suis pas l'étrangère. On ne peut pas me renvoyer
à un ailleurs. Chez moi, c'est ici. Ça permet de se poser
les vraies questions. » De parler de sa foi sans arrière-pensée. « Ça
n'a pas bouleversé mon quotidien, mais ça m'a
profondément changée. Je suis plus tolérante.
Ça va bien au-delà de l'islam. » Son visage dépassionne les débats. Rend le dialogue possible. Ou plus facile.
« Ça fait partie de moi »
Elle le sait. Elle s'en sert. Comme sur la question du voile. « C'est
d'abord un élément de pudeur. Il doit permettre aux
femmes d'exister et de vivre en société pour ce qu'elles
sont et non ce qu'elles représentent, en dehors de toute
séduction. »
Le porter ? Marie n'est pas prête à affronter le regard de la société. « Qui voit une femme soumise ou un poseur de bombes. C'est trop manichéen. » Elle
ne veut pas se laisser enfermer dans des stéréotypes.
Pour pouvoir parler librement. En toute sincérité. « J'assume de mieux en mieux. Ça fait partie de moi. Je n'essaie plus de le cacher. » Article du /
Commentaires(0)
Ajouter votre commentaire
|
|