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La Chapelle Saint Luc : La langue arabe redore son blason Depuis la rentrée, il est désormais
possible d'intégrer une classe bilangue anglais-arabe au
collège Camus, à La Chapelle-Saint-Luc
Après
avoir été supprimé pendant quatre ans,
l'apprentissage de la langue arabe, retrouve enfin ses lettres de
noblesse. Depuis la rentrée 2009, une classe bilangue
anglais-arabe a ouvert au sein du collège Albert-Camus à
La Chapelle-Saint-Luc. Un choix qui s'inscrit pleinement dans la
lignée des orientations proposées en 2008 par le
président de la République, Nicolas Sarkozy, à
l'occasion des assises de la langue arabe et plus récemment par
le député UMP Jean-François Copé. Un
souhait émis depuis plusieurs années par Aref Tahan,
professeur d'arabe, rattaché au lycée Marie-de-Champagne,
à Troyes. « Il m'a fallu monter au créneau pour
plaider pour le retour de l'arabe dès le collège.
L'inspecteur d'académie, Serge Clément, a entendu notre
requête. » Et pour cause. Dans l'Aube, l'inspection
académique ne cache pas sa volonté de mettre l'accent sur
les langues vivantes dès la 6e. Et ça fonctionne. Avec
onze élèves inscrits en arabe cette année,
à Albert-Camus, l'enseignant peut se réjouir. « Nos
collégiens sont essentiellement des gens d'origine,
c'est-à-dire issus des pays arabo-musulmans au sens large dont
le Maroc, l'Algérie, la Bosnie, le Sénégal ou
encore l'Égypte… À terme, le but est d'attirer des
jeunes qui puisent leurs racines ailleurs. »
Jusqu'au lycée
Désireux de relancer cette matière et de
développer la filière, le collège propose
désormais l'arabe comme LV2 dès la 5e. Une option qui
trouve son prolongement de la seconde à la terminale au
lycée Marie-de-Champagne depuis 2005. « Mais avec sa
suppression au collège pendant quatre ans, nous constatons
aujourd'hui une petite rupture d'effectif dans certains niveaux. Cela
devrait rentrer dans l'ordre dans les années à venir
», explique le professeur. « Fort de ce constat, le conseil
d'administration en accord avec le rectorat a voté la
possibilité de proposer de l'arabe en LV3 dès la seconde
à la rentrée prochaine. Cela s'inscrit pleinement dans la
réforme du lycée annoncée en septembre 2010 visant
à revaloriser les filières littéraires grâce
à l'apprentissage d'une troisième langue vivante. » Une nouvelle qui tombe à pic à l'heure où
l'établissement s'apprête à signer un partenariat
avec l'antenne rémoise de sciences-po. L'objectif est de
permettre à certains lycéens d'intégrer la
prestigieuse école, à travers un concours
parallèle. « L'option arabe a joué dans le choix et
la réflexion menée par le recteur. » Si cette
langue, parlée officiellement dans vingt-deux pays, est en passe
de redorer son blason, les jeunes sont encore frileux à vouloir
l'apprendre. « On sent des réticences. Les gens ont
tendance à avoir des préjugés et à penser
que c'est plus difficile parce qu'il faut écrire dans un autre
alphabet C'est une chance extraordinaire de comprendre qu'on peut
développer d'autres capacités. » Bien
décidé à combattre les idées reçues,
Aref Tahan multiplie les projets à l'intention de ses
élèves. D'une exposition proposée par l'Institut
du monde arabe sur le thème Judaïsme, Christianisme, Islam
: Proches… lointains, en février, à la visite de
la chaîne France 24, la semaine prochaine, en passant par la mise
en place d'échanges scolaires avec le Maroc pour les arabisants
mais pas seulement, le professeur propose un enseignement basé
sur l'ouverture culturelle où le dialogue tient une place
prépondérante, loin « de l'image d'enfermement
communautariste », véhiculée dans les médias.
Si la France a longtemps fait figure d'exception culturelle en
étant le seul pays à proposer l'arabe dans le secondaire
public, elle a, depuis, fait des émules, puisque le Danemark
s'est engouffré dans la brèche à la rentrée dernière.
Auteur : Aurore CHABAUD pour L'Est Eclair
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