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Un lieu de culte musulman vandalisé « On est assuré, mais c'est le geste qui commence
à nous déplaire. » Pour Recep Turan,
vice-président de l'Association culturelle turque de
Bar-sur-Aube, comme pour d'autres membres de la communauté,
c'était l'incompréhension, hier matin, en
découvrant que des vitres de leur lieu de culte de la rue
Nicolas-Bourbon avaient, une nouvelle fois, été
brisées au cours de la nuit de jeudi à vendredi. « Ça s'est passé vers 3 h du matin. L'imam qui
habite au-dessus a entendu du bruit. Il a cru que c'était des
bouteilles qu'on cassait », indique Recep Turan.
Ce n'est pas
la première fois que ce lieu est l'objet de vandalisme. Si la
salle de prière est implantée à cet endroit depuis
quinze ans, ce n'est que depuis deux ans que ses membres y recensent
plusieurs épisodes de ce type. « Il y a deux ou trois ans,
on a essayé de forcer la porte. Ils n'y sont pas arrivés,
mais ils ont écrit des propos racistes sur la porte. On a
dû repeindre », indique Salim Baylan. Une des vitres
brisées hier l'avait déjà été il y a
un an. Une autre, brisée elle aussi, est aujourd'hui
condamnée.
« En plus, un 25 décembre »
Devant cette succession d'incidents, et même si aucune
inscription ne laissait hier entendre qu'il puisse s'agir d'actes
à caractère raciste, les membres de l'association «
commencent à se poser des questions. » «
J'espère que ceux qui ont fait ça sont juste des idiots
qui avaient trop bu. J'espère que ça n'a rien à
voir avec la religion. Mais
pourquoi juste ici et
rien autour ? » s'interroge Recep Turan, en désignant les
maisons avoisinantes : « Les gens savent bien ce qu'on fait ici.
C'est connu. » Et il ne peut s'empêcher d'évoquer
l'actuel battage médiatique autour des minarets et de la burqa.
« On connaît tout le monde à Bar-sur-Aube et tout le
monde nous connaît. On est bien intégré »,
ajoute Salim Baylan, en rappelant qu'ils font partie de la
deuxième génération de Turcs de Bar-sur-Aube. Aujourd'hui, pas moins de 70 familles d'origine turque font partie de
l'association, soit quelque 350 personnes qui utilisent
régulièrement cette salle de prière. « Nous
respectons les autres lieux de culte : je ne vois pas pourquoi on ne
respecterait pas les nôtres », s'insurge Recep Turan, en ne
pouvant s'empêcher de lancer : « En plus, un 25
décembre. » Alertée, la gendarmerie de
Bar-sur-Aube a constaté les dégradations hier
après-midi. L'enquête est en cours.
Du
côté de la municipalité, on ne veut pas tirer de
conclusions hâtives : « Est-ce que ce sont des voyous qui
ont cassé les carreaux comme ils peuvent le faire ailleurs dans
la ville ? Est-ce que ce sont des anti-musulmans ou des anti-Turcs ? On
ne peut pas le dire pour le moment. J'espère que ce ne sont que
des imbéciles », indique, pour sa part, René
Gaudot, maire de la commune.
Quelles que soient les motivations des
auteurs, la communauté turque veut aujourd'hui « calmer
les choses » et en appelle au respect de ce lieu, afin
d'éviter la naissance d'éventuelles tensions entre communautés.
Sandra ROGER Article du /
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