
Solidarité, gravité et recueillement, hier, pour la communauté comorienne. Photo DDM, Michel Labonne.
Un
peu partout en France, hier, la communauté comorienne a rendu
hommage aux victimes du crash de l'Airbus A 310 de la Yemenia Airways,
abîmé en mer le 1er juillet. A Toulouse, où vivent
environ deux cents Comoriens, la cérémonie a eu lieu dans
la salle de Monlong.
Un drapeau des Comores avait été tendu sur le mur et
la liste des passagers affichée sur la porte d'entrée. Un
gosse porte un T.-shirt à la mémoire des victimes du vol
Sanaa-Moroni. Certains hommes sont vêtus de blanc, couleur du
deuil dans l'islam, religion pratiquée par la
quasi-totalité des Comoriens.
Mohamed Bacari, secrétaire de l'Amicale franco-comorienne de
Toulouse, : « Nous ne sommes pas en colère. Nous sommes
simplement venus pour un moment de partage du deuil des familles des
victimes. Un moment de solidarité. »
La cérémonie s'ouvre sur une minute de silence
à la mémoire des victimes, qui laisse place à des
discours emplis de bienveillante solidarité, mais aussi de
fermeté et de dépit. Notamment vis-à-vis des
autorités yéménites et comoriennes. « Nous
ne ferons ni commentaires ni polémique, mais nous serons
vigilants sur la suite de cette affaire », dit un homme.
Pas de colère, mais pas d'explications non plus sur les
raisons du crash. Seule certitude : « Le manque de
sécurité sur les vols entre Sanaa et Moroni,
l'état des avions, le mauvais accueil des
Yéménites vis-à-vis des Comoriens ne date pas
d'hier, rappelle Adam Mohamadi, président de l'Amicale. On peut
attendre jusqu'à quatre jours avant que l'avion soit plein et ne
décolle de Sanaa. Il y a des insultes, des violences, des
conditions de vol inacceptables. Tout cela a été
dénoncé depuis des années… »
Mais il a fallu un drame - « la plus grave catastrophe
qu'aient connu les Comores - » pour que les alertes anciennes et
régulières des Comoriens soient enfin 11 entendues.| J.-L. D.-C.