2005
est l'anniversaire de la loi qui fonde les principes de la
laïcité. À cette occasion, une bonne quarantaine de
personnes ont débattu, vendredi soir, dans le hall de la
médiathèque, sur la question « Peut-on associer
l'islam et la laïcité ? ». Représentant de
toutes les confessions, athées ou agnostiques, ont ainsi pu
s'exprimer avec un docteur en philosophie, membre de l'Institut
d'études des sciences et religions, Bruno Antonini pour les
guider.
Et pour ce dernier, la discussion ne peut se construire sans, en
introduction, rappeler ce que sont laïcité et islam.
« La laïcité est l'une des valeurs fondamentales de
notre République. Dans l'islam, c'est le Coran qui tient lieu de
Constitution. Mais je suis persuadé que la religion peut
être « digérée » par notre
République laïque ». Citant les grands philosophes,
Bruno Antonini a ensuite décortiqué les notions de
libre-arbitrage et de différences de pensées. Des prises
de position qui ont ouvert en grand le débat. Pour l'une des
participantes, un travail de théologie reste nécessaire.
« Tous les textes sacrés ont été
écrits dans un contexte social et juridique d'une époque.
Il n'a donc été valable que dans son contexte. Le plus
important reste le message philosophique ». Un avis
partagé par Ali Ghrouti, président de la mosquée.
« Aujourd'hui, beaucoup trop de gens font du mal à l'islam
par leur interprétation. »
LE MODèLE GRAULHéTOIS
Résoudre les problèmes sociaux pour trouver une
solution à ceux d'assimilation des religions ? Les avis sont
partagés. « À cause d'hommes de pouvoir qui vicient
les textes à des fins électorales », a-t-on entendu
dans la salle. Un constat unanime est que tout fondamentalisme se
nourrit d'ignorance. Celle qui engendre la violence. « La
laïcité c'est un consensus entre les hommes, pas une
référence aux esprits ! » Bruno Antonini a
recadré le débat. « Malheureusement, dans la
tête de beaucoup de gens, être laïque c'est être
antireligieux ! », regrette un homme d'origine musulmane. Lui,
comme tous les participants sont d'accord sur les
réalités d'un « modèle graulhétois
» de tolérance, avec pour exemple la mosquée
actuelle occupant une ancienne église et sur les
évidences d'un islam compatible avec laïcité. Une
citation de Martin Luther King en conclusion. « Apprenons
à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons
ensemble comme des idiots. » À méditer.