|
|
Toulouse : Le 3e étage de la mosquée donné en gage aux artisans Pour Mohamed Tataï, la cause est entendue, la mosquée
d'Empalot s'appellera bien la Grande Mosquée de Toulouse. L'Imam
du quartier qui dirige depuis 2005 la construction de l'édifice
pour le compte de l'Association culturelle du cercle du dialogue
civilisationnel juge que le nom de Grande Mosquée de Toulouse
qui lui a longtemps été refusé par l'ancienne
équipe municipale s'impose de lui-même de par les
dimensions du bâtiment. Fort de ses 2160 m2 répartis sur
trois étages, l'édifice « aura des salles de
prières qui seront plus grandes que celles de la Grande
Mosquée de Paris ou de la mosquée de Lyon ». Sur le
calendrier des travaux, l'Imam d'Empalot s'en remet prudemment à
Dieu pour tenir les délais d'une ouverture d'abord
programmée pour fin 2008 et qui pourrait n'intervenir que fin
2010. Car depuis le début, la construction avance au rythme des
dons des quelques 2 500 fidèles du quartier.
3.5 millions d'euros
Coût total de l'opération : 3,5 millions d'euros essentiellement émis par les Musulmans d'Empalot.
Conformément à la tradition du don aux œuvres du
habous - l'équivalent musulman des biens du clergé - les
fidèles ont d'abord acheté des parts de la mosquée
vendues en fragments 0,25, 0,50 ou 1 m2 qui ont servi à
compléter le financement des 1,7 million d'euros de l'achat du
terrain et de la réalisation du gros œuvre, payés
par ailleurs par une opération immobilière et un emprunt
de 180 000 €. Reste maintenant 861 800 € à trouver
pour payer la deuxième tranche des travaux selon un mode de
financement plutôt original. Les entreprises qui ont
accepté d'intervenir devraient en effet être payées
en deux temps et sur trois ans.
D'abord 150 000 € versés en
trois tranches de 50 000 € au début, au milieu et à
la fin des travaux, puis un échelonnement sur trente mois du
solde. Seule difficulté, « nous disposons actuellement de
150 000 € de départ et de quatre traites mensuelles
d'avance. Les vingt-six suivantes seront constituées au fur et
à mesure par les dons des fidèles », explique
Mohamed Tataï. Mais les entrepreneurs demandent des garanties
avant de s'engager sur des promesses de dons. « Elles leurs
seront finalement fournies par l'hypothèque du 3e étage
de la mosquée en cours de construction », explique Mohamed
Tataï qui poursuit, « des particuliers nous avaient d'abord
proposé d'hypothéquer leurs magasins ou leurs maisons.
Mais nous avons choisi le principe de l'hypothèque d'une partie
de ma mosquée qui, sans être idéal, permet de
répartir la responsabilité sur l'ensemble de la
communauté. »
B. dv ladepeche.fr
Article du /
Commentaires(0)
Ajouter votre commentaire
|
|