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Metz : Un établissement du supérieur interdit le port du voile Par Pascal Riché Rue89
A l'Enim, une école d'ingénieur de Metz, une étudiante est arrivée portant un voile, comme de nombreuses femmes musulmanes. Le directeur lui a demandé de le retirer, elle s'est exécutée sans difficulté. Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là, une affiche est apparue sur les murs de l'école.
« L'Enim est une école d'ingénieurs de l'Etat et respecte les valeurs fondamentales de la république Française qui sont : Liberté, Egalité, Fraternité Dans ce contexte, à l'intérieur de notre école, nous ne pouvons tolérer aucun signe de distinction de religion, de quelle que (sic) nature que ce soit. Dans ces conditions, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés : LE PORT DU VOILE EST INTERDIT DANS L'ECOLE. »
Problème : aucun pouvoir n'a été
« conféré » aux directeurs
d'établissement supérieur concernant les signes religieux portés par des étudiants, qui sont considérés comme majeurs. La loi sur le voile n'interdit son port que dans les établissements du secondaire.
S'ils sont en dehors du champ d'application de la loi sur le
voile, les établissements publics d'enseignement
supérieur restent évidemment soumis au principe de
laïcité (article L. 141-6 du code de l'éducation).
Mais dans le supérieur, on considère que les établissements accueillent pour l'essentiel un public adulte.
La Cour européenne des droits de l'homme, le 29 juin 2004, a considéré que l'Université turque pouvait interdire le port du voile. Mais cette mesure est condamnée par plusieurs organisation de défense des droits de l'homme, comme Human Rights Watch. L'Ufal (Union des familles laïques), en France,
s'oppose au principe d'une extension de l'interdiction du voile au
supérieur.
La philosophe Catherine Kintzler a justifié cette position dans un article de son blog :
«
Le seul argument en faveur de cette extension est que les
universités sont des établissements d'enseignement public
relevant de l'autorité de l'Etat. Or l'Etat est laïque,
donc… Cet argument ne fonctionne pas, parce qu'il prouve trop. En
effet, s'il était valide, il faudrait étendre la loi de
2004 à tous les services publics y compris du côté
des usagers : il ne faudrait pas se contenter d'interdire le port des
signes religieux au personnel (comme c'est fort justement le cas
à l'université, bien entendu), il faudrait aussi
l'interdire aux personnes se rendant sur les lieux du service -dans les
mairies, dans les services publics, au guichet des trésoreries,
dans les bureaux de vote, etc. Or
le principe de laïcité s'impose à l'autorité
publique elle-même et à ce qui relève de cette
autorité, alors que dans l'espace civil, c'est le principe de
tolérance qui s'applique : on ne peut pas demander à une
religieuse de quitter son habit lorsqu'elle vient faire une
déclaration de vol au commissariat de police. »
Le
directeur de l'Enim n'a pas répondu à nos demandes
d'entretien. « Il ne souhaite vraiment pas faire de cela une
polémique », a-t-on expliqué dans son entourage. Au Bureau des élèves, on indique qu'aucun étudiant n'a prévu de porter plainte.
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L’Enim, l’étudiante voilée et la note du directeur «L’Enim est une école d’ingénieurs de
l’Etat et respecte les valeurs de la République. Dans ce
contexte, à l’intérieur de l’école,
nous ne pouvons tolérer aucun signe de distinction religieuse.
Dans ces conditions, et en vertu des pouvoirs qui me sont
conférés : le port du voile est interdit dans
l’école ». Depuis hier, cette note du directeur de
l’Ecole nationale des ingénieurs de Metz (Enim) suscite la
polémique. Les syndicats s’en sont emparés et
l’affaire est remontée jusqu’à la ministre,
sommée de «se positionner ». À
l’origine de la controverse : l’intégration, en
troisième année, d’une étudiante portant le
voile islamique et venue d’une école tunisienne avec
laquelle l’Enim entretient des échanges
d’élèves. «Quand j’ai vu ça, je
l’ai convoquée immédiatement dans mon bureau en lui
disant que je ne voulais pas de signes distinctifs chez moi. Elle
s’est un peu crispée, d’où cette note
affichée dans les couloirs de l’école. Le
lendemain, elle avait enlevé son voile, comprenant que là
était son intérêt. Dès lors, ma notice
n’avait plus de raison d’être. Je l’ai
aussitôt retirée de l’affichage », a
expliqué, hier soir, Pierre Padilla au Républicain
Lorrain. Et d’ajouter : «L’Enim accueille trente-sept
nationalités différentes. Si chacun vient avec ses signes
distinctifs, où va-t-on ? » Le directeur indique
qu’il a alerté l’établissement
d’appartenance de l’étudiante : «Je leur ai
demandé de ne plus m’envoyer de gens voilés. On ne
va tout de même pas perturber 1 500 élèves pour une
affaire de signe religieux. Car j’ai bien senti que cette
histoire de voile gênait beaucoup de monde, ici. Il faut faire
preuve d’un peu de bon sens !» «Manifestation ostensible» Institué par la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité
à l’école, l’article L141-5-1 du code de
l’Éducation interdit «dans les écoles, les
collèges et les lycées publics, le port de signes tenues
par lesquelles les élèves manifestent ostensiblement une
appartenance religieuse ». Les établissements de
l’enseignement supérieur ne sont pas visés
expressément par cette disposition. En revanche, la loi
énonce que «le service public de l’enseignement
supérieur est laïque et indépendant de toute emprise
politique, économique, religieuse ou idéologique ». source : le républicain lorrain
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Pour plus d'informations contactez :
Pierre PADILLA.Établissement :ENIM - École Nationale d’Ingénieurs de Metz. Téléphone :03 87 34 69 01 Courriel :padilla@enim.fr http://www.123people.fr/ext/frm?ti=p...ink&wrt_id=292
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