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La Sécurité sociale et la circoncision La circoncision bientôt remboursée par la Sécurité sociale ?
Débat. Dans une question au gouvernement, une élue de droite,
Valérie Boyer, s’interroge sur la prise en charge par la
Sécurité sociale de la circoncision pratiquée par
un chirurgien et plus particulièrement sur les fraudes relatives
à cette pratique. La proposition n’a pas été
du goût de certains sites d’extrême-droite qui
dénoncent avec virulence ce qu’ils considèrent
comme l’introduction d’une tradition musulmane dans le
droit français, et partant une avancée dans
l’instauration de la shari’a en France. Ces bonnes gens
très à droite n’ont pas manqué de faire
réagir le groupe parlementaire La Droite libre qui regrette une “manipulation politique”. Les
premiers prennent prétexte de cette question parlementaire pour
déverser toute l’heure haine contre les musulmans.
Détail amusant : alors que la circoncision est aussi importante
pour les musulmans que pour les juifs, et que la pratique est tout
aussi répandue chez les uns que chez les autres, à aucun
moment dans leurs déversement de haine, ils
n’évoquent cette pratique juive.
Cela étant, au-delà des éructations
islamophobes des Dupont-Lajoie, le problème soulevé par
la député Valérie Boyer est réel : pour
pouvoir bénéficier du remboursement de
l’intervention chirurgicale, nombre de parents, qu’ils
soient juifs ou musulmans, mentent sur les raisons pour
lesquelles ils font circoncire leur enfant. La combine est classique :
on se rend chez un spécialiste réputé pour ce
genre d’intervention, on lui fait part du souhait de faire
circoncire son enfant et on prend rendez-vous pour une opération
chirurgicale en milieu hospitalier. Le chirurgien, complice de la
fraude, précise dans le dossier médical que
l’enfant souffre d’un phimosis (argument maître). Et
le tour est joué : l’intervention ne coûtera pas un
sou à la famille, puisque c’est l’Etat, via
l’assurance maladie, qui la prendra en charge.
La manœuvre est tout aussi malhonnête que choquante,
même si banalisée : la circoncision est un acte
motivé par des raisons religieuses. Qui dit religion dit morale.
Qui dit morale dit détestation du mensonge. Comment
donc peut-on raisonnablement, toute honte bue, se réjouir
d’accomplir un acte religieux tout en recourant à des
pratiques malhonnêtes ? Cette fraude est
d’autant plus injustifiable qu’il est possible - certes pas
partout en France - de faire circoncire son enfant chez un
spécialiste, dans son cabinet, sans hospitalisation pour environ
150 euros. On est loin des 1 000 euros et plus de l’intervention
chirurgicale à l’hôpital. 150 euros qui sont
très rapidement couverts par les dons des proches lors du repas
festif qui suit la circoncision.

Crédit photo (une famille fête la circoncision d’un enfant au Maroc)
Question de Valérie Boyer, député
UMP des Bouches-du-Rhône Mme Valérie Boyer attire
l’attention de Mme la ministre de la santé, de la
jeunesse, des sports et de la vie associative sur le cadre juridique de
la circoncision pratiquée dans les règles de l’art
par un chirurgien. Lorsque son indication est posée pour des
raisons médicales (diagnostic phimosis), la circoncision est
prise en charge par l’assurance maladie et fait l’objet
d’une codification CCAM sous le titre posthectomie code JHFA009.
Lorsque son indication est rituelle (signe d’appartenance
religieuse pour les juifs et musulmans), la circoncision n’est
pas prise en charge par l’assurance maladie puisqu’elle
n’est dictée par aucune considération
médicale. Elle revient entre 500 et 1000 euros à la
famille qui la sollicite pour son enfant. Compte tenu de cet
état de fait, nombre de circoncisions rituelles sont
effectuées sous couvert d’une indication médicale
car les familles ont tendance à beaucoup insister auprès
du médecin voire même à ne pas décalotter
l’enfant pour qu’il développe un vrai phimosis
impliquant la prise en charge par l’assurance maladie. Le moindre
coût financier de l’acte et la garantie qu’il soit
effectué dans les règles de l’art, donc sans risque
de complication en comparaison avec les méthodes artisanales,
constituent les principaux arguments qui conduisent à ces
détournements et aux fraudes à l’assurance maladie.
Car la pratique ancestrale de la circoncision implique un taux
important de complications (hémorragies, surinfections, plaies
et mutilations du gland) nécessairement prises en charge par la
sécurité sociale et générant un
surcoût pour l’assurance maladie. L’évolution
démographique et sociologique de notre pays pose la question de
la place de cet acte chirurgical en termes de santé publique, de
coût pour l’assurance maladie et de laïcité. En
effet, en 2006, lors du congrès annuel de l’association
française des urologues, un médecin de la CNAM avait
évalué à 9 millions d’euros par an la
couverture de cet acte pour l’ensemble du pays. Entre la prise en
charge complète par l’assurance maladie ou par les
familles de cet acte, une troisième voie serait
envisageable impliquant la création d’un contrat
d’assurance circoncision proposé à la naissance des
enfants mâles et destiné à prendre en charge les
frais de réalisation de l’acte chirurgical. Il
pourrait être, en outre, envisagé sous certaines
conditions préservant le principe de laïcité, une participation limitée de l’assurance maladie.
Elle la remercie de lui faire connaître son avis sur le sujet et
sur la possibilité de mettre en place un groupe de
réflexion intégrant les différents partenaires
(assurance maladie, professionnels de santé, associations
d’usagers) afin d’élaborer un protocole clair et
applicable à tous qui préserve la neutralité et
l’égalité républicaine.
Source : site de l’Assemblée nationale
Article du /
Commentaires(1)
Le chirurgien, les circoncisions rituelles et la Halde:
http://enfant.ovh.org/commu6.html
par : maximeg (18/03/2010 à 20:38:08) ------------------------------------------------------
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