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Le Pape et la finance islamique
Finance islamique. En septembre 2008, Vincent Beaufils, rédacteur en chef de
Challenges, titrait son édito : “Le pape ou le
Coran”. Congédiant le pape et les textes pontificaux,
qu’il considérait out, il invitait ses lecteurs
à lire le Coran. “C’est plutôt le Coran
qu’il faut relire”, écrivait-il. Et d’ajouter
: “Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds
propres, avaient respecté un tant soit peu la charia, nous
n’en serions pas là.” (voir notre billet Crise financière et récession : “C’est plutôt le Coran qu’il faut relire”). V. Beaufils peut désormais écrire un nouvel édito dont le titre serait : “Le pape et le Coran”.
La finance islamique pour refonder l’économie mondiale
Bloomberg nous apprenait en effet il y a une dizaine de jours que le quotidien officiel du Vatican, l’Osservatore Romano,
venait de publier un article vantant les mérites de la finance
islamique “pour l’Occident en Crise”. Trois ans
après Ratisbonne, et le discours polémique du pape, voir
le Vatican faire l’apologie de l’islam, qui plus est dans
le propre organe de presse vaticane, a de quoi surprendre. Le titre de
l’article est à cet égard plein de sens
“Dalla finanza islamica proposte e idee per l’Occidente in
crisi” (Idées et propositions de la finance islamique pour
l’Occident en crise). Il ne s’agit pas simplement pour le
Vatican de voir en la finance islamique, cette finance qui refuse de
faire de l’argent avec de l’argent, une conception parmi
d’autres de l’économie financière.
Le Vatican en prosélyte de la finance islamique
Non, le Vatican va jusqu’à suggérer que l’on se fonde sur les règles de la shari’a pour repenser l’économie mondiale : “Pensiamo che la
finanza islamica potrà contribuire alla rifondazione di nuove
regole per la finanza occidentale, visto che stiamo affrontando una
crisi che, superati gli iniziali problemi sulla liquidità, ora
è diventata eminentemente una crisi di fiducia verso il
sistema” (Nous pensons que la finance islamique peut contribuer
à la refondation de nouvelles règles pour la finance
occidentale, vu que nous sommes confrontés à une crise
qui est essentiellement une crise de confiance dans le système).
Et les auteurs de l’article de finir en proposant de financer
l’industrie automobile ou les jeux Olympiques de Londres (sic) au moyen des sukuks (voir la définition sur le site de l’Aidimm : sukuk).
Toute cette agitation autour de la finance islamique nous rappelle
le slogan un brin provocateur d’un modeste site consacré
à la finance islamique qui est le suivant : “Depuis 14 siècles, nous avons
raison.” Et si le pape veut aller plus loin dans sa prise de
conscience, la shahada c’est : “Ashhadu an la ilaha
illa-Llâh wa achhadu anna Muhammadu rassulu-Llâh” :+)
Source: AL-kanz.org Article du /
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