Aïcha nous a offert hier soir sur France 2 un festival de
stéréotypes. Entre le mariage forcé, le certificat
de virginité et l’islam extrémiste dans les
cités, tous les clichés y passent. En une heure trente Yamina Benguigui a eu le talent d’enchaîner des séquences
terriblement anxiogènes dépeignant une communauté
magrébine sombre et triste évoluant dans un
décorum lugubre au possible. Les personnages dépeints par
la réalisatrice des documentaires « Le plafond de verre
» et « Inch’Allah dimanche » sont
aveuglément ancrés dans des traditions grotesques sans
libre-arbitre.
C’est
bien dommage. Un peu de fragilité et de nuance auraient rendu
les personnages plus attachants et moins austères.
Le
téléfilm proposé hier soir par France
Télévision résulte d’une commande du
gouvernement afin d’insuffler une once de diversité dans
la grille des programmes du service public.
Caricaturale, cette première tentative a un terrible goût d’échec. Yamina Benguigui déçoit, renforçant au contraire les clichés déjà en vogue.
Seul bon point de ce téléfilm, la prestation moyenne de l’ex-star académicienne Sofia Essaïdi qui évolue tant bien que mal dans ce marasme
scénaristique. Une suite est prévue, mais on est pas
très sûr de vouloir la voir…
Amelle Zaïd