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Des musulmans de Montpellier s'invitent en mairie Une mobilisation exceptionnelle pour une
action inédite à Montpellier. Hier, 450 musulmans selon
la police, un millier selon les organisateurs, se sont rendus devant
les portes de la mairie pour faire part de leur mécontentement.
En ligne de mire de la contestation, la mainmise de la
municipalité sur le lieu de culte de La Paillade,
théâtre régulier de tensions et de contestations
dans la communauté.
« Nous souhaitons stopper
cette ingérence de la mairie dans la gestion de nos lieux de
culte. Chrétiens et juifs ont la jouissance de leurs
églises et de leurs synagogues. Nous voulons être comme
tout le monde », a clamé l'imam Mohamed Khattabi.
En
effet, contrairement à d'autres villes de France, très
proches parfois comme Béziers ou Nîmes, la mosquée
de La Paillade appartient à la
Ville. C'est donc par un simple bail qu'elle investit une association
de la gestion des lieux. D'où cette accusation
d'ingérence qui, d'ailleurs, sème le trouble dans la
communauté musulmane. « La loi de 1905, ça vous
dit quelque chose ? Nous voulons aller dans le sens de la
laïcité en devenant propriétaires de nos lieux de
culte. Nous n'avons pas besoin de l'argent du contribuable », a lancé Fargi Allal, un des leaders de la contestation d'hier après-midi. «
Maintenir des lieux de prières dans des salles polyvalentes,
c'est rester dans cet islam des caves, quand les gens priaient dans
leurs garages. Nous voulons, soit racheter par nos propres moyens le
site de La Paillade, soit acquérir un terrain et que la mairie
nous délivre un permis de construire. Pour une mosquée
indépendante », revendique Saïd, étudiant à Montpellier.
Assis
devant les portes (fermées) de l'hôtel de ville, les
fidèles ont attendu qu'Hélène Mandroux les
rencontre. Une délégation de cinq personnes a
été finalement reçue. « Nous lui avons
donné en main propre notre lettre élaborée en
commun. Elle a assuré que nous aurions une réponse par
courrier d'ici une ou deux semaines », a relaté Fargi Allal. L'imam Khattabi semblait, lui, très optimiste : «
La mairie s'est rendu compte que nous étions nombreux.
Désormais, il faut nous préparer en cas de réponse
positive à nos revendications. » Pour plusieurs
fidèles habitués de ces soubresauts, la manifestation
d'hier pourrait constituer la première étape vers une
émancipation totale des musulmans de la tutelle municipale. Et
rompre ainsi avec une spécificité très
montpelliéraine.
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