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Loi contre le voile intégral : les évènements de la journée. «Le Figaro» s'est procuré le projet de loi instaurant l'interdiction du voile intégral, qui sera examiné en Conseil des ministres le 19 mai.

Le projet de loi pour interdire le voile intégral tient en deux articles principaux. L'un qui punit légèrement les femmes qui le porteraient, l'autre qui sanctionne sévèrement celui qui les contraindrait à aller ainsi dissimulées.
«Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage» sous peine d'encourir une «contravention de 2e classe de 150 euros maximum», peut-on lire dans le projet de loi sur le voile intégral que «LeFigaro» s'est procuré. Cette version a priori définitive devait être transmise rapidement par Matignon au Conseil d'État. Un stage de citoyenneté est également prévu «à titre de peine alternative ou complémentaire». Une mesure floue, destinée à laisser une marge d'appréciation aux policiers qui devront verbaliser les contrevenantes.
Protection des valeurs
«Au nom des principes, nous avons opté pour une interdiction totale, explique un des rédacteurs du projet. Mais nous avons décidé des peines légères, car ces femmes sont souvent victimes.» L'amende de 150 euros, payable en timbre-amende, est jugée «plus applicable» que les 750 euros inscrits dans la proposition de loi déposée par le président du groupe UMP, Jean-François Copé.
Mais le projet de loi instaure aussi un nouveau délit si le port du voile intégral est imposé par la «violence, la menace, l'abus de pouvoir ou d'autorité». Celui qui contraint est passible «d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende». Une peine lourde cette fois, «qui clarifie notre intention: cette loi n'est pas faite pour protéger la société française de l'islamisme mais bien les femmes et leurs droits», souligne un proche du dossier. Ce nouveau délit serait inséré dans le chapitre 5 du Code pénal qui traite des atteintes à la dignité de la personne.
Une façon détournée d'évoquer le fondement de cette loi. Le gouvernement tenait à écarter toute allusion à la religion. Jeudi, encore, Mgr André Vingt-Trois qui était reçu par François Fillon insistait, comme les autres leaders religieux, pour qu'on «ne stigmatise pas les musulmans». Le gouvernement a bien veillé à ne pas rejeter le niqab au nom de la laïcité. Les simples motifs sécuritaires ont également été jugés trop faibles. Le gouvernement n'a pas souhaité clarifier plus avant les bases de l'interdiction, qui repose implicitement sur la dignité ou encore ce que le Conseil d'État dans son étude avait appelé l'«ordre public immatériel», qui intègre la protection des valeurs de notre société.
«De toute façon, le Conseil d'État n'a trouvé aucun motif qui permette, selon lui, l'interdiction totale. Donc nous ne sommes pas étendus sur les fondements», résume un des auteurs du projet de loi. Désormais, les Sages ont deux semaines pour examiner le texte, probablement lors de la séance du mercredi 12 mai. Ils pourraient maintenir leur analyse sur l'absence de fondements juridiques solides à une interdiction générale et délivrer un avis défavorable. Ils pourraient aussi estimer que le texte appelle des réserves et proposer des améliorations. Cet avis n'est que consultatif. Le gouvernement peut passer outre et présenter le même texte en Conseil des ministres le 19 mai.
Période de médiation
Le risque juridique sera de toute façon différé. Les parlementaires peuvent encore polir le texte. Par la suite, le gouvernement veut croire qu'aucun parti ne saisira le Conseil constitutionnel sur un sujet aussi sensible. Ce qui laissera le temps à la loi de s'installer.
D'autant que le texte prévoit une période de médiation pour permettre aux femmes qui portent le voile intégral de réfléchir. La loi ne devrait entrer en vigueur que six mois après sa promulgation. Par la suite, en cas de contentieux, la question préalable de constitutionnalité devrait être posée au Conseil constitutionnel. «La dignité est le seul fondement valable. Mais ce n'est pas gagné», croit-on à Matignon, car «cette notion n'est pas définie dans la Constitution». En dernier lieu, la Cour européenne des droits de l'homme pourrait être saisie. Mais cette éventuelle procédure n'interviendrait que dans plusieurs années, ménageant une portée symbolique à cette loi.
Verbatim : les termes de la loi
Porté par la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le projet de loi d'interdiction du voile intégral dans l'espace public a fait l'objet d'intenses discussions avec Matignon et de nombreuses consultations. Jeudi, le texte destiné au Conseil d'État comportait, entre autres, les deux articles suivants:
Article 1 : «Nul ne peut dans l'espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage.» «La méconnaissance de l'interdiction de l'article 1 est punie d'une contravention de deuxième classe de 150 euros». «Peut-être prononcé à titre de peine alternative ou complémentaire, un stage de citoyenneté.»
Article 2 : Le texte crée également un nouveau délit d'«instigation à dissimuler son visage en raison de son sexe». L'acte d'imposer de se dissimuler le visage, par «la violence, la menace, l'abus de pouvoir ou d'autorité sera puni d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende». Ce nouveau délit s'inscrit au chapitre 5 du Code pénal qui traite des atteintes à la dignité de la personne.
Par Cécilia Gabizon
Dominque de Villepin prône la vigilance
En visite en Tunisie, l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, a prôné jeudi la vigilance au sujet du débat sur le voile intégral islamique, en mettant en garde contre "le piège de l'instrumentalisation" et le "risque de dérapage". Interrogé à ce sujet lors d'un forum international organisé à Hammamet, une station balnéaire à 70 km de Tunis, par l'hebdomadaire tunisien "Réalités" sur le thème "l'Europe, le Maghreb et l'Afrique: pour un nouveau partenariat global", il a mis l'accent sur le "besoin de temps pour trouver la solution qui permettra de rassembler la classe politique et les Français". "Plus nous sommes dans une situation difficile, plus il y a la méconnaissance de l'autre, de l'étranger, de l'immigré, plus le risque de dérapage, le risque de dérive, est susceptible de s'accroître", a-t-il analysé en soulignant l'impératif d'être "encore plus vigilants". Tout en notant que le projet de loi interdisant le voile islamique intégral dans les espaces publics faisait l'objet d'un "consensus national", il s'est dit "heureux de voir que la décision a été prise de donner du temps au débat au sein des assemblées". Le défi, selon lui, est "d'arriver à une sortie du piège de l'instrumentalisation et de l'interprétation religieuse et confessionnelle". Il suggère, à cet effet, "d'éviter d'en faire un débat autour de la religion", en insistant sur "l'exigence de temps et de consensus" sur des questions qui "dépassent de loin, de par les échos qu'elles ont, le seul cadre national".
Amnesty condamne l'interdiction du voile intégral

L'organisation Amnesty International a condamné jeudi la décision des députés belges d'interdire le port du voile islamique intégral dans l'espace public, qui constitue selon elle "un dangereux précédent". "Une interdiction totale de se couvrir le visage violerait les droits à la liberté d'expression et de religion des femmes qui portent la burqa ou le niqab", a déclaré John Dalhuisen, l'expert de l'organisation de défense des droits de l'homme sur la discrimination en Europe. Selon lui, "la décision de la Belgique d'interdire le voile intégral, la première en Europe, constitue un dangereux précédent". Les députés belges ont voté, à l'unanimité moins deux abstentions, un texte interdisant le port du voile islamique intégral dans tout l'espace public, y compris dans la rue, faisant de leur pays le premier en Europe à franchir ce pas. "Nous sommes le premier pays à faire sauter le verrou qui a mis bon nombre de femmes en esclavage et nous espérons être suivis par la France, la Suisse, l'Italie, les Pays-Bas, les pays qui réfléchissent", s'est félicité le député libéral Denis Ducarme. Amnesty a appelé de son côté la chambre haute de Belgique, le Sénat, qui doit à présent se prononcer, à revenir sur cette décision. Selon M. Dalhuisen, il ne peut en effet "y avoir de justification à la restriction de la liberté d'expression et de religion". (belga)
François Bayrou: le niqab heurte les Français mais attention à ne pas cibler l'islam
Le président du MoDem François Bayrou a estimé vendredi que le voile intégral heurtait "quelque chose de très profond" dans le pays mais juge indispensable qu'un texte sur la question ne stigmatise pas un peu plus la communauté musulmane de France. S'exprimant à l'issue d'un entretien à Matignon avec François Fillon, qui consulte les différentes formations sur le projet de loi en cours d'élaboration, François Bayrou a déclaré qu'en France, "vivre ensemble c'est se regarder face à face" et que le voile intégral "heurte quelque chose de très profond". "De même qu'il y a des pays dans lesquels il n'est pas imaginable qu'une femme se promène en mini-jupe ou soit dénudée même sur la plage (...) chez nous le pilier du vivre ensemble c'est voir le visage de l'autre", a-t-il insisté. Mais "le risque que nous avons à prendre en compte c'est que la communauté musulmane toute entière ne se sente ciblée", a poursuivi François Bayrou. Les musulmans français "ont déjà à vivre beaucoup de discriminations dans le travail, l'habitat. Dans les quartiers, les jeunes se sentent souvent discriminés", a-t-il encore dit. Il a aussi affirmé au Premier ministre qu'il souhaitait un débat parlementaire qui prenne "tout le temps nécessaire", jugeant "stupide" l'hypothèse d'une déclaration de procédure accélérée pour l'examen devant le Parlement, qui a les faveurs de certains à l'UMP. "Pour nous, le plus important c'est la démarche d'éducation, qu'on prenne une période pour expliquer pourquoi on a édicté cette règle en France", une mesure d'ores et déjà prévue par le gouvernement. François Bayrou a enfin annoncé qu'il s'apprêtait à proposer des "rencontres" avec "tous les représentants" des différentes "sensibilités de la communauté musulmane", pour entendre leurs réactions face au texte. Source : http://www.leparisien.fr/flash-actua...010-905513.php
Raoult (UMP): ce que fait fait Copé sur la burqa "donne l'impression d'une croisade"
Le député UMP Eric Raoult a estimé jeudi que le patron des députés de son groupe, Jean-François Copé, donnait un peu "l'impression d'une croisade" sur le voile intégral alors que le but n'est pas "de monter une communauté nationale contre une communauté musulmane".
"Au début, Jean-François Copé a voulu montrer une détermination. Mais il faut aussi un peu de tact et de respect", a estimé le rapporteur de la mission parlementaire sur le voile intégral, sur Radio Classique
"C?est pas des martiennes ces jeunes femmes. C?est des femmes qui sont mal dans leur voile, qui sont mal dans leur tête. Il ne faut pas les considérer comme en dehors de notre société. Ca donne un peu l?impression d?une croisade ce que fait Jean-François", a-t-il jugé.
Ce problème concerne "500, 2.000 femmes, et il faut essayer d?y trouver une solution. Et moi je suis de ceux qui pensent que la voisine de palier, elle sera plus utile que l?huissier ou le policier", a-t-il dit, estimant qu'"il ne faut pas bâcler" la loi, "il faut concerter".
"Le but, ce n?est pas de monter une communauté nationale contre une communauté musulmane. Jean-François Copé, il est président du groupe UMP, il est aussi maire de Meaux. Je serais tenté de convaincre plutôt le maire de Meaux que le président du groupe", a-t-il dit.
Questionné sur le cas du mari d'une femme voilée de Nantes, soupçonné de polygamie, M. Raoult a regretté qu'on ait fait de cet homme "une star en un week-end".
"Mais les musulmans de France ne sont pas polygames, la particularité de beaucoup de communautés musulmanes, c'est qu'elles sont bien intégrées", a-t-il fait valoir.
"On est en train de réussir un islam de France. Mais là, on a eu une sorte de précipitation, la patrie était en danger. On faisait l'UMP contre les burqas. C'est plus compliqué que cela", a-t-il ajouté
"Il faut qu'on apaise pour passer aux retraites, aux dossiers économiques européens, plutôt que de parler tous les jours de la burqa. Je pense qu?il y a aussi un intérêt politique. Je n?ai pas envie que, sans le faire exprès, on pousse les musulmans dans les bras de la gauche", a-t-il conclu.
AFP.
Article du 30/04/2010 / 15:43:44
Commentaires(5)
Est ce que les tenues religieuses Chrétiennes sont autorisées dans les pays musulmans ?
par : observer (18/05/2010 à 16:17:14) ------------------------------------------------------ meme à la mecque,on fait son pelerinage visage decouvert,alors c'est une invention qui n'a rien à voir avec l'islam.
par : rim elmetoualli (24/05/2010 à 20:07:03) ------------------------------------------------------ plus vous nous interdirez tels ou tel choses ,cela ne fera que s'accroitre ,et s' emanciper ,nous les humains ont n' a aucun pouvoir
par : boukhari (20/06/2010 à 18:05:10) ------------------------------------------------------ Vous etes censer savoir que les tenues religieuses chretiennes sont les memes que les musulmanes à part la burqa qui n' est pas obliger et non interdite en islam( puisque les européens) prétendent etre chretiens ,ces memes tenues ont pour but de cacher le corp de la femme ,mais apparemment c bien les musulmanes qui sont en comformiter avec ces deux religions qui en vrai n' en font qu'une
par : boukhari (20/06/2010 à 18:15:29) ------------------------------------------------------ decidemment l' islam fait jaser ,et couler beaucoup d' encre et rapporte beaucoup de pognon avec tous ces ragots et mensonges et intolerance et j' en passe..........ça rempli les poches de certains et donne du crédit à des imposteurs qui ne savent pas de quoi ils parlent,
par : boukhari (20/06/2010 à 18:19:06) ------------------------------------------------------
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