À 32 ans, ce capitaine reçoit en uniforme noir et par une vigoureuse poignée de main. Tenant son képi où a été brodé le croissant de lune, symbole de l'islam, entre deux rameaux d'olivier, il toise son hôte d'un regard bleu azur rappelant le ciel tunisien de ses aïeux. Père de deux jeunes enfants, il est marié à une agent de la brigade des douanes. «Elle possède un pistolet, mais son arme, instrument de coercition, est moins puissante que la mienne qui offre le soutien de la religion», sourit-il. Celui qui a fait sa «déclaration d'amour profond à Allah vers 17 ans» a fréquenté les mosquées de Rouen et du Havre pour suivre des séminaires de formation.
Fort en thème ayant commencé des études scientifiques, Mohamed-Ali Bouharb invoque une sempiternelle «quête de sens» pour expliquer son changement de cursus et son «coup de foudre» pour la sociologie puis les sciences du langage. À l'évidence, le jeune homme maîtrise les techniques d'interaction verbales, avec un art consommé de la rhétorique.
Sans détour, l'aumônier affirme : «Apprendre à communiquer est devenu indispensable pour évoquer l'islam, tant la confusion des genres est grande quand on assimile cette religion à l'intégrisme, voire au terrorisme…»
Mohamed-Ali Bouharb, récemment nommé premier aumônier musulman de la gendarmerie, a accepté une interview au salon de l'UOIF