Kool Shen des NTM : L¨identité nationale c¨est un problème de riche "L'identité nationale c'est un problème de riche", Kool Shen
Alors
que sort son deuxième album solo, il évoque son
compère Joeystarr, le retour de Diam’s, Eric Raoult et
l’insécurité dans les médias.
Pourquoi ce retour solo après les concerts de NTM l’an passé ?
L’album était prêt bien avant
les concerts à Bercy, mais j’ai attendu avant de le sortir
pour ne pas brouiller les pistes. J’avais envie de profiter
pleinement de notre grand retour sur scène...
As-tu des nouvelles de Joeystarr, qui vient d’être libéré de prison ?
Oui, il est en forme, il a grossi et ses cheveux ont poussé.
Il a beaucoup écrit en prison et a commencé à
bosser sur un projet solo. Et puis on va faire un concert dans un grand
stade avec NTM, pour la fin de l’année, je n’en dis
pas plus.
C’est ton album le plus personnel à ce jour ?
Oui, je suis allé assez loin, mais
c’est le max que je puisse tolérer. Je ne pourrais pas
faire ce que fait Diam’s, par exemple.
Tu penses quoi de son retour : à la fois silencieux et médiatique ?
Il est évident que si elle sort d’une
mosquée avec un voile, tous les journaux vont se jeter sur elle
pour prendre des photos. Si ça sort un peu de l’ordinaire
et que les médias peuvent en faire leurs choux gras... Quant
à son silence, si ça n’est pas du marketing, je
respecte…
Tu as eu l’occasion de débattre avec Eric
Raoult en 1996, sur TF1, à propos de l’éternelle
question des banlieues…
Je me demande comment ils l’envoient encore en
première ligne à l’UMP. Enfin là, il
s’est un peu envoyé tout seul, non ? (rires). Le
mec fait exprès de tout confondre. Après l’affaire
du site Mailorama (la distribution de billets qui a tourné court
et mal il y a deux semaines – ndlr), il parle encore des
banlieusards. Moi, je dis à Raoult : les mecs qui se mettent
à cinq pour taper sur quelqu’un, c’est pas des
banlieusards, c’est des f… Mais encore une
fois, ce que Raoult montre du doigt, c’est la banlieue…
De façon générale, les
thématiques de la “banlieue” et de
l’“insécurité” font leur grand retour
dans les médias ces derniers temps. Pourquoi, selon toi ?
Ça s’était arrêté
un peu après l’élection de Sarkozy. Avant
l’élection, c’était tous les jours : tu avais
presque un logo avec deux jeunes “de banlieue”, avec des
capuches, qui représentaient la “violence”…
Même s’il s’agissait de violence en
Tchétchénie… Et puis ça
s’était arrêté, et ça repart, parce
que l’autre, il est pas au top dans les sondages, il avait promis
le retour du pouvoir d’achat et ça n’arrive
pas…
Le débat sur l’“identité nationale”, ça t’évoque quoi ?
Jamais je ne me suis posé la question,
honnêtement. Le souci des gens, c’est de manger
correctement, de faire en sorte que leurs enfants aient un avenir.
Savoir “dans quelle mesure” on est français,
c’est un problème de riche.
Récemment, tu
t’es opposé à Eric Zemmour sur le plateau d’On n’est pas couché.
Oui, j’avais envie de lui demander s’il croyait en
l’inné. Ce mec pense qu’on est inférieur
parce qu’on est d’origine maghrébine ou africaine,
qu’on est violent parce qu’on a un truc dans les
gènes. J’avais envie de lui démontrer que
c’est un problème de misère. En Russie, les mecs
qui sont violents dans les zones suburbaines sont blancs, et ils sont
violents parce qu’ils sont pauvres. On connaît des Arabes
aussi, par exemple les émirs, eh ben, ils ne viennent pas te
tirer ton sac (rires). J’avais envie d’expliquer ce genre de trucs à Zemmour.
par Pierre Siankowski Article du /
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