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Brice Hortefeux : La polygamie est un fait de société, et non un fait divers. France-Soir. Où en est l’enquête visant, à Nantes, M. Lies Hebbadj que vous avez suspecté de polygamie ? Brice Hortefeux. Il ne s’agit pas d’un fait divers mais d’un fait de société. En indiquant au parquet les graves suspicions qui pèsent sur M. Lies Hebbadj, j’ai voulu poser publiquement un problème et, en même temps, mettre un coup d’arrêt à des dérives inacceptables. C’est pourquoi le parquet a saisi le GIR des Pays de la Loire et la police judiciaire de Rennes afin d’enquêter sur les soupçons de relations polygamiques entretenues par M. Lies Hebbadj et sur la régularité des aides sociales dont bénéficieraient plusieurs femmes qui lui sont proches. Il est déjà établi que les quatre femmes avec lesquelles M. Lies Hebbadj entretiendrait des liens permanents bénéficient soit d’allocations de la CAF (caisse d’allocations familiales), soit du RSA, soit d’une allocation de soutien familial. Soit même, dans au moins deux cas, de la totalité de ces prestations.
F.-S. Est-il établi que M. Lies Hebbadj est polygame ? B. H. Cet individu – qui a obtenu la nationalité française par mariage en 1999 – vivrait dans un même périmètre avec quatre femmes qui ont, au total, douze enfants. Une enquête est en cours. Elle est menée sereinement. Mais je suis déterminé à ce qu’elle aille à son terme. Selon la plus récente étude de la CNCDH, le nombre de familles polygames serait compris en France entre 16.000 et 20.000. Adultes et enfants compris, cela signifie que 180.000 personnes vivent chez nous en situation polygamique. Il appartient à l’enquête en cours à Nantes d’établir les faits qui pourraient concerner M. Lies Hebbadj mais, sans attendre, je vous rappelle que la polygamie est interdite dans notre pays par l’article 147 du Code civil. F.-S. Vous savez que beaucoup de musulmans modérés craignent l’amalgame, et certains se disent même « stigmatisés »… B. H. Il faut éviter tout amalgame. L’immense majorité des musulmans de France aspire à vivre tranquillement. Ils ont droit à la protection de l’Etat. Comme ministre des Cultes, je tiens à souligner avec force que les musulmans de France – au travers notamment du Conseil français du culte musulman (CFCM), par la voix de son président, M. Moussaoui – désapprouvent les dérives radicales d’une petite minorité d’extrémistes. En luttant contre cette minorité, j’ai la volonté de protéger tous les musulmans modérés.
( L'intégralité de l'interview sur France Soir ) Article du 04/05/2010 / 12:18:46
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