Ecole catholique et les musulmans
« Ici, il y a du respect pour notre religion », dit Nadia Oualane, 14 ans, un foulard noir sur la tête.« A l’école publique, ajoute-t-elle en montrant les bâtiments voisins, je ne serais pas autorisée à porter mon voile. ». Oualane, française d’origine algérienne,
veut être la première de sa famille à aller
à l’université.
La France ne compte que quatre écoles musulmanes . Aussi les 8 847 écoles catholiques sont-elles devenues un refuge pour les musulmans qui recherchent ce qui manque souvent dans un secteur public
laïque et surchargé : la spiritualité, un
environnement où les bonnes manières comptent au
même titre que les mathématiques, et un niveau
d’exigence scolaire supérieur.
Il n’existe pas de statistiques nationales, mais les professeurs catholiques et musulmans estiment que désormais les
élèves musulmans représentent plus de 10 pour cent
des deux millions d’élèves des écoles
catholiques. Dans les quartiers multi-ethniques de Marseille et du Nord industriel, cette proportion peut être supérieure à 50 pour cent.
Les écoles catholiques sont libres
d’autoriser le port du voile. Beaucoup imposent
l’interdiction nationale, mais plusieurs, comme Saint Mauront,
tolèrent un voile discret.
Fondée en 1905 dans une ancienne fabrique de
savon, l’école a principalement accueilli au départ
des élèves français catholiques, explique le
principal Jean Chamoux ; puis, avant la seconde guerre mondiale, des
immigrés italiens et quelques portugais ; enfin, depuis les
années 60, des Africains en provenance des ex-colonies
françaises.
Chamoux, un homme jovial au pas lent, est ici depuis
20 ans et semble connaître chacun des élèves par
son nom. Posté sous un crucifix dans son bureau plein à
craquer, il vante les vertus des écoles catholiques. « Nous pratiquons la liberté religieuse, contrairement aux écoles publiques, dit-il. Nous enseignons le programme national. Les activités religieuses sont entièrement optionnelles. »
« Si j’interdisais le foulard, la moitié des filles n’iraient plus du tout à l’école, ajoute-t-il. Je
préfère les avoir toutes ici, leur parler et leur dire
qu’elles ont le choix. Mon but, c’est
qu’au moment de rejoindre le lycée, elles aient fait leur
choix en conscience, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. »
Les défenseurs de la laïcité rétorquent qu’une telle complaisance pourrait encourager l’expression
d’autres requêtes spéciales.
Le professeur de biologie s’est vu contester sur la théorie de l’évolution de Darwin, et les cours d’histoire peuvent être orageux lorsque sont abordés les croisades ou le conflit israélo-palestinien.
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