Un
silence quasi-religieux enveloppe la salle du Sénéchal
vendredi soir, à l'écoute d'Odon Vallet, invité du
jour des « Entretiens de La Dépêche ». Cet
éminent professeur à la Sorbonne, spécialiste de
l'Histoire des religions, est venu à la rencontre des lecteurs
toulousains : un auditoire nombreux et avisé souhaitant
débattre au fond de la laïcité, de ses origines, son
influence, son rôle et sa remise en question aujourd'hui au
cœur des religions.
Depuis la loi de 1905, dans une France devenue multicultu (r) elle,
la donne a changé. « La laïcité pose
aujourd'hui problème, dans les services publics, de
l'enseignement, hospitalier, mais elle n'est plus concentrée sur
la seule question catholique. Il y a un effet retour du religieux,
marqué par l'affirmation des identités car on est dans la
mondialisation », a expliqué Odon Vallet, l'argumentation
toujours validée par des pirouettes historiques remarquables,
citations d'auteurs, philosophes ou musiciens…
l'avenir de la laïcité
« À mon sens, l'avenir de la laïcité va en
France se faire localement sur le terrain, s'appuyant sur l'exemple de
la Ville rose où la laïcité a été
primordiale dans le combat politique de cette région de France.
» « Avec la décentralisation aujourd'hui, il serait
mal venu à l'État de vouloir imposer un cadre
législatif et constitutionnel rigide », allusion directe
aux effets d'annonce de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre.
Dans le public, les questions soulevées ont traduit une
certaine inquiétude notamment concernant la montée de
l'islamisme militant en France (faut-il ou non cautionner la
construction des mosquées, problème de la formation des
Imams).
Il a été question aussi de la laïcité dans
la franc-maçonnerie, des risques du communautarisme, des droits
de l'homme, de la confusion fréquente entre athéisme et
laïcité. En conclusion, Odon Vallet voudrait asseoir
« la laïcité comme la primauté de la raison
».