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Mohamed Moussaoui (CFCM) réagit à la polémique sur la burqa Sous l'impulsion du député-maire communiste de
Vénissieux André Gérin, 58 parlementaires
demandent la création d'une commission d'enquête sur le
port de la burqa en France. Le président du Conseil
français du culte musulman (CFCM) Mohamed Moussaoui livre au
point.fr son opinion. lepoint.fr : Que pensez-vous de la proposition initiée par André Gérin ? Mohamed Moussaoui : Cette proposition nous étonne. C'est une nouvelle stigmatisation
de l'islam et des musulmans de France. Or, la très grande
majorité d'entre nous n'aspire qu'à vivre sa religion
dans la modération et la tolérance. Demander une
commission d'enquête correspond à quelque chose de lourd,
qui est normalement réservé aux sujets majeurs de
société. Nous aurions aimé que ce sujet, marginal
en France, soit traité autrement. En période de crise,
nos députés ont pourtant bien d'autres choses à
faire, comme créer une commission d'enquête sur les
licenciements qui laissent tant de familles dans le désarroi.
lepoint.fr : Quelle signification revêt le port du voile intégral ? M. M. : Cela ne répond pas à une prescription religieuse. C'est
un phénomène marginal, non seulement en France, mais
également si on regarde le monde musulman dans sa
globalité. Cette pratique, rattachée à la pudeur
et à la chasteté, est liée à des traditions
locales régionales. Mais elle est néanmoins perçue
comme excessive par un grand nombre de musulmans.
lepoint.fr : Selon ces 58 députés,
le port du voile intégral constitue une "atteinte aux
libertés individuelles", qu'en dites-vous ? M. M. : C'est une pratique qui ne permet pas à la femme de vivre une vie
sociale normale. Certaines congrégations religieuses catholiques
portent ce type de vêtement, mais c'est différent, car
elles ont choisi de vivre recluses. Quand une femme se présente
en France à La Poste, je pense que le fonctionnaire qui est face
à elle a le droit de pouvoir vérifier son identité
et pour ça, le minimum, c'est qu'il puisse voir son visage.
lepoint.fr : Comprenez-vous qu'André Gérin ait pu refuser de marier une femme qui portait la burqa ? M. M. : Oui, nous sommes exactement dans le même cas de figure. Il doit au moins pouvoir vérifier qui elle est.
Voici une présentation du foulard islamique par des journalistes du point ! ( ahurrissant ) 
Les Hommes politiques réagissent aussi :
La première réaction du
gouvernement à la proposition de résolution du
député PCF du Rhône, André Gérin,
visant à créer une commission d'enquête
parlementaire sur le port en France de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, avait été plutôt prudente. Eric Besson avait ainsi jugé "pas opportun de relancer une polémique" sur les signes religieux. Fadela Amara, ancienne présidente de l'association Ni putes ni soumises "Nous devons tout faire pour stopper la propagation des burqas",
et en saluant l'initiative de l'élu communiste.
Désormais, le débat s'étend et l'idée d'une
loi semble faire son chemin parmi les membres du gouvernement -
pendant que Nicolas Sarkozy lui-même, prudent sur ce
thème, affirme qu'il s'exprimera "plus tard" : depuis
Bruxelles, où il tenait une conférence de presse sur le
conseil européen, il a dit refuser de réagir "à l'émotion du moment".
Le matin même sur France 2,
Luc Chatel n'avait, pour sa part, pas exclu une loi sur le port du
voile intégral par certaines femmes musulmanes en France, en
fonction de "l'ampleur du phénomène" et en faisant appel au libre arbitre des femmes concernées. "S'il s'avérait (...) que le port de la burqa était subi, c'est-à-dire que c'était contraire aux
principes républicains, eh bien naturellement le Parlement en
tirerait toutes les conséquences", a déclaré
le porte-parole du gouvernement. Interrogé sur
l'éventualité d'une loi il a répondu : "pourquoi pas". Avant de souligner : "Il
y a un vrai débat devant nous, les parlementaires proposent une
commission d'enquête, je crois que c'est important parce que
ça doit nous permettre de voir plus clair sur le sujet".
Attention aux solutions "simplistes"
Quelques
heures plus tôt, la secrétaire d'Etat à la Famille,
Nadine Morano, avait jugé sur RMC que la question de la burqa "mérite un débat", se disant choquée "en tant que femme" par cette tenue. "Pour ma part, ce à quoi il faut être attentif, c'est nos valeurs républicaines", avait-elle poursuivi, citant l'égalité hommes-femmes. Et d'ajouter : "Le port de la burqa ne doit pas être imposé. Pour ma part, j'ai du mal
à penser que dans la majorité des cas, ce n'est pas
imposé".
Quant à Fadela Amara, elle continue à affirmer son hostilité à la burqa et s'est dite vendredi favorable à une loi pour l'interdire. "Il faut que le débat actuel débouche sur une loi qui protège les femmes", a-t-elle déclaré dans une interview au Parisien. Selon elle, "ce qui est certain c'est que la burqa est le signe d'une présence concrète du fondamentalisme
sur notre sol. C'est aussi le signe de l'instrumentalisation politique
de l'islam". De son côté, le ministre de
l'Immigration Eric Besson a estimé vendredi qu'une loi sur le
port du voile intégral serait "inefficace et créerait des tensions qui n'ont pas lieu d'être en ce moment".
Mais à gauche, Martine Aubry a lancé une mise en garde contre les solutions "simplistes" : "Si une loi interdit la burqa, ces femmes auront toujours la burqa mais elles resteront chez elles, on ne les verra plus", a déclaré la numéro un du PS sur RMC et BFM-TV.
Le Conseil du culte musulman se déclare enfin contre une enquête sur la burqa
PARIS (Reuters) - Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a
exprimé son opposition à la création en France
d'une commission d'enquête parlementaire sur le voile
intégral ou "burqa", annoncée la semaine dernière.
L'idée, lancée par des députés de droite
comme de gauche, est un préalable à une éventuelle
interdiction de ce type de voile, envisagée par certaines
personnalités du gouvernement. Nicolas Sarkozy doit s'exprimer
lundi sur le sujet lors d'un discours devant le Congrès à
Versailles.
"Le CFCM s'interroge sur l'opportunité réelle de cette
démarche et réitère sa ferme opposition à
la mise en place d'une telle commission", dit un communiqué
diffusé par cette instance représentative dont la
création avait été suscitée par Nicolas
Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2003.
"Le CFCM entend faire part de sa profonde préoccupation
quant à la façon dont est évoqué ce sujet
qui risque encore une fois de stigmatiser gravement l'islam et les
musulmans de France", ajoute-t-il. Il estime que le port d'un tel voile est marginal en France et rappelle
le principe de la liberté individuelle. Le CFCM appelle Nicolas
Sarkozy, "garant de la cohésion nationale, à
réitérer la force et l'actualité de ces principes".
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