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Benabdellah Soufari et la burqa Il y a quelques semaines, lors de son discours au Caire, Barak Obama
interpelait la France quant à sa mauvaise gestion et
administration des citoyens de confession musulmane. Aussi Barak a
pointé du doigt la loi de 2004 sur les signes religieux, loi
taillée sur mesure pour les musulmans, et soulignait la
stigmatisation de la communauté musulmane au pays de Voltaire. D’un point de vue du signal politique envoyé au monde
entier, la réaction de Nicolas pourrait se résumer
à la phrase suivante :
« Je suis entièrement d’accord avec le discours de Barak… »
D’ailleurs ce discours de Barak n’a pas plus à
bon nombres de politiques et de journalistes français et des
pays limitrophes. La réaction ne s’est pas fait attendre longtemps, puisque
le faux sujet sur la BURQA a jailli, avec toute la force
médiatique complice de la fabrication d’un sujet bidon et
surtout négligeable tant sur le plan statistique (quelques
centaines de femmes qui portent le niqab) que sur le plan des
priorités de gestion de notre pays.
Ceci étant, il est toujours intéressant
d’analyser même les faux sujets lancés sur la
scène médiatique. Vous vous êtes demandé
pourquoi cette soudaine utilisation du mot « BURQA » pour
parler du NIQAB ou du HIDJAB ? L’utilisation récente de ce
vocable n’est pas anodine. Le mot « BURQA » fait
référence à l’Afghanistan tant sur le plan
traditionnel (port de la Burqa : tradition patchoune
anté-islamique) que sur celui de l’actualité. La France est bel et bien en guerre en Afghanistan auprès de
l’OTAN. Les épreuves sont difficiles et les pertes,
même si elles sont cachées au grand public, sont
énormes pour les alliés (dont nous faisons partie surtout
avec nos silences et notre amnésie volontaire). Faire artificiellement éclater une affaire « BURQA »
en France est en quelque sorte un bras d’honneur que la France
fait aux Talibans à défaut de pouvoir faire plus. Aussi, par “hasard” et non par calcul, cette fausse affaire
est également une piqure de rappel aux citoyens français
de confession musulmane par rapport aux injustices qui se
déroulent en Afghanistan. Car il faut le souligner que les
musulmans de France ne s’intéressent guère à
la guerre insolente d’Afghanistan. Une guerre qui repose sur la
folie humaine, la disproportion, le gaspillage financier et
matériel, la perdition de l’homme. Et nous ne parlons pas
des motifs cachés de cette invasion. Pourquoi diantre ce désintérêt alors que le
cœur des justes bâts de tristesse lorsqu’on massacre
à Ghaza ou à Baghdad ? Les musulmans afghans valent-ils
moins ?
Nicolas dis nous tout, tout, tout sur la BURQA
Le président de la république française aura-il
assez de cran pour freiner voire annuler la dilatation artificielle de
ce sujet ridicule, consommateur d’énergie et
d’argent, et n’aidant nullement à sortir le pays de
la crise ? Ce faux problème, n’aidera non plus notre
président à s’assurer la sympathie des citoyens
musulmans pour les prochaines échéances
présidentielles de 2012. Au contraire, il y a un grand risque de
rejet définitif. Après la création du Cirque
Français du Culte Musulman (CFCM) en 2003, usine à
fabriquer des notables en plastic pour inventer un l’islam DE France, la loi sur le voile de 2004, les musulmans ne vous pardonneront pas une autre loi injuste et maladroite. M. le président se mettra-t-il en porte à faux par
rapport à sa réaction au discours de Barak ? Osera-t-il
donner raison à Barak quand ce dernier dit que la France devrait
moins fantasmer sur une pseudo invasion musulmane ou le danger vert ? Si l’entretien du dégoût de l’islam et des
musulmans, souffler sur les braises du choc des civilisations, est
vendeur pour la presse et les média en général,
c’est aussi le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied
alors que nous sommes déjà boiteux dans la course
à la compétitivité et à la concurrence.
Même si beaucoup de politiques se sentent plus à
l’aise dans un contexte de peur des populations afin de mieux
injecter leur venin (des propositions de loi inutiles et
irresponsables), trompant ainsi la réactivité des
citoyens, trompant le citoyen tout court. Le retour de bâton
risque d’être rude. Monsieur le président, vous avez là une occasion en or,
d’envoyer un message politique fort à votre ami Barak :
« C’est vrai en France, l’islamophobie est une
réalité, elle est, aussi surprenant soit-il, entretenue,
et périodiquement on réfléchie même à
comment la propager dans le pays et dans le monde, tout en faisant
croire que c’est pour le bien des droits de l’Homme, de la
laïcité et du féminisme de la femme. C’est vrai il existe une mentalité
islamophobe en France, des politiques islamophobes et bien sûr
des citoyens islamophobes. MAIS nous ne sommes pas tous comme
ça, et moi je fais partie de l’axe du bien et je milite
pour une vraie « tolérance » envers l’islam,
j’ai même proposé de modifier la loi sur la
laïcité pour ne pas léser les musulmans par rapport
aux juifs et aux chrétiens. Voyez vous je suis quand même
courageux ! Si courageux qu’aujourd’hui je m’oppose
à cette commission loufoque sur la BURQA !!! Mais je vais te
faire une confidence mon cher Barak, ça nous a quand même
servi cette histoire pour nos intérêts commun en
Afghanistan. »
Benabdellah Soufari, ancien président du conseil régional du culte musulman d’Alsace
Source Cfcm.tv Article du /
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