Les ouvriers ont repris possession des lieux, mais les fidèles n'y sont pas attendus avant quatorze à seize mois. A
l'arrêt depuis janvier 2008, le chantier de la grande
mosquée du Heyritz a repris officiellement hier. Un retard
dû à un différend entre un promoteur et la
société civile immobilière (SCI) en charge du
chantier. Il s'est soldé, en mars, par une rupture de contrat et
le recours à une nouvelle entreprise. « Il nous reste
à faire la plus grande partie des travaux, dont la coupole, qui
culminera à 20 m de haut, explique l'architecte Paul Meachel.
Elle devrait être réalisée à la fin de
l'automne. » Une étape importante qui, selon lui,
permettrait d'achever la construction de la mosquée à
l'été 2010. A la condition, précise-t-il, que
« les finances suivent ».
Estimée préalablement à 6,3 millions d'euros,
la construction de l'édifice cultuel devrait finalement revenir
à 8,5 millions d'euros. « Pour couvrir le surcoût,
la ville, le conseil régional et le département ont
accepté de réévaluer leur participation »,
se réjouit Saïd Aalla, président de la grande
mosquée. Malgré l'augmentation des charges, les
collectivités vont maintenir leur part de financement
prévu, soit 10 % des travaux pour la ville, et 8 % pour la
région et le département. Problème, d'après
Saïd Aalla, il manquerait encore 1,3 million d'euros pour boucler
le budget. Pour Fouad Douai, gérant de la SCI, la somme
avoisinerait même les 2 millions d'euros, et reste à la
charge des fidèles. « Nous sommes confiants, notamment
grâce aux promesses de pays étrangers, explique-t-il. Ce
matin, j'ai notamment eu un contact avec le Koweit. J'en cherche aussi
au Maroc et dans les pays du Golfe. Au départ, nous avions dit
qu'il n'y aurait pas de financements étrangers, mais
c'était un arrangement politique, pas juridique. Rien dans les
textes ne l'interdit. » Pas d'objection, en tout cas, du
côté du maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries. « A
partir du moment où il n'y a pas de danger de transformation de
la mosquée en un lieu de propagande de l'étranger,
ça ne me dérange pas, précise l'élu. S'il
s'agissait d'une église chrétienne, on ne chercherait pas
à savoir d'où viennent les fonds. » Seule exigence
de sa part : qu'un pays ne finance pas seul plus de 15 % de
l'édifice afin d'éviter toute potentielle «
mainmise ». W