HRW dénonce l'interdiction du hidjab pour les enseignantes en Allemagne 
L'interdiction faite aux enseignantes musulmanes, dans la
moitié des Länder allemands, de porter le foulard islamique
devant leurs élèves, constitue une grave discrimination
envers les femmes et envers l'islam, dénonce Human Rights Watch
(HRW) dans un rapport paru jeudi.
Ce type de législation
"constitue une discrimination en matière de sexe et de religion,
et viole les droits fondamentaux de ces femmes", affirme ce rapport
réalisé notamment à partir d'une cinquantaine
d'entretiens avec des avocats, des élus, des chercheurs, des
associations ou des militants politiques, ainsi qu'avec 34 femmes
musulmanes concernées par le problème.
"Les lois en
Allemagne ciblent clairement le foulard et obligent les femmes qui le
portent à choisir entre leur emploi et leurs convictions
religieuses", déplore encore l'organisation de défense
des droits de l'Homme.
Huit Länder (Etats régionaux)
sur 16 se sont dotés depuis cinq ans de législations
interdisant, au nom de la neutralité des pouvoirs publics, le
port du foulard islamique aux enseignants et aux fonctionnaires, une
question très sensible en Allemagne où vivent plus de
trois millions de musulmans et la plus grande communauté turque
hors de Turquie.
La plupart des Länder ont cependant
explicitement prévu de continuer à tolérer les
signes religieux chrétiens ou juifs.
Dénonçant
des lois "injustes, illégitimes et inacceptables dans une
société démocratique", HRW appelle les Etats
régionaux concernés à les abroger.
Selon
l'organisation, l'interdiction de porter le "hidjab", sous peine de
perdre son emploi, est tout aussi criticable que l'obligation faite aux
femmes, dans "des pays comme l'Afghanistan, l'Arabie Saoudite et
l'Iran", de porter des vêtements religieux.
Cette
règle, observe HRW, n'a rien d'un "concept abstrait" et a "des
conséquences importantes sur la vie" des musulmanes
concernées. Plusieurs des femmes interrogées par
l'organisation témoignent ainsi de l'"humiliation" qu'elles ont
subie le jour où elles ont dû se résoudre à
ôter leur couvre-chef.
"Je me suis soudainement sentie
comme une étrangère en Allemagne, je ne pourrai jamais
l'oublier", a ainsi témoigné une professeur de l'Ouest du
pays, allemande "de souche" convertie à l'islam. "Quand j'y
repense, J'en ai la nausée. On se sent humilié", raconte
une autre.
Le rapport s'inscrit en faux contre l'idée,
souvent avancée par les opposants au foulard, selon laquelle
proscrire le hidjab fait avancer l'émancipation des femmes. Au
contraire, affirme HRW: celles qui renoncent à leur emploi pour
pouvoir garder leur voile perdent leur indépendance
financière, ce qui contribue "à une
détérioriation de leur position sociale".
"Tant que
nous faisions le ménage dans les écoles, personne ne
considérait le foulard comme un problème", a dit à
HRW une des femmes interviewées. Article du /
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