Le premier cimetière
confessionnel musulman sous gestion publique de France va être
créé à Strasbourg, a-t-on appris mardi
auprès de la municipalité socialiste.
Le
maire Roland Ries, le président du Conseil national du culte
musulman, Mohammed Moussaoui, et le président du Conseil
régional du culte musulman d'Alsace, Driss Ayachour, vont signer
mercredi une convention pour créer ce cimetière.
"Nous
sommes la première ville à prendre l'initiative de
créer un cimetière musulman", a précisé
à l'AFP l'adjointe au maire chargée de l'état
civil Anne-Pernelle Richardot.
Deux
cimetières musulmans existent déjà, à
Bobigny et à Marseille, mais ils ont été
créés par des initiatives privées.
La
création du cimetière musulman répond à
l'attente de la communauté musulmane de Strasbourg qui
représente environ 10% de la population de la ville.
"Les
jeunes aimeraient avoir leurs proches défunts à
proximité pour se recueillir", a expliqué le
président de la Grande Mosquée de Strasbourg, Saïd
Aalla, qui évoque la "double souffrance" du décès
et de l'inhumation dans le pays d'origine.
La
convention portera également sur l'entretien des carrés
musulmans qui existent à Strasbourg depuis 1973 mais qui ne
répondent pas aux besoins de la communauté.
Saïd
Aalla évoque par exemple "la possibilité d'accomplir des
rites avec un imam sans déranger" d'éventuels visiteurs
d'autres confessions.
Au-delà de la
possibilité d'enterrer ses proches à Strasbourg, cette
initiative "répond à la demande d'égalité
de traitement" de la communauté musulmane, a
déclaré Anne-Pernelle Richardot.
Le
terrain qui accueillera le cimetière a déjà
été désigné et les études de sols
ont été réalisées. Le cimetière
pourrait être ouvert fin 2010.
Selon le droit
local d'Alsace-Moselle, les autorités organisent les cultes
catholique, protestant et israélite. L'islam n'a pas le statut
de culte reconnu, mais la municipalité traite avec les
associations cultuelles musulmanes, favorisées par le droit
local.